Déconvenues sans fonds chez State Street

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On sait chaque jour un peu plus ce que la crise financière coûte aux activités de banque de financement et d'investissements des banques, universelles ou non, et à leurs dirigeants. Il en va de même pour les grands groupes d'assurance et leurs activités d'assurance-vie ou non-vie. On parle moins pour le moment des contreperformances de leurs activité de gestion d'actifs. Pourtant, celles-ci sont réputées dans les bonnes années pour être des machines à cash en raison du peu de capitaux que ces métiers requièrent.

L'un des plus importants acteurs de la gestion d'actifs et de la conservation de titres au monde, State Street, vient de lever le voile sur l'ampleur des dégâts qui attendent les actionnaires de nombreuses institutions financières présentes dans la gestion d'actifs. La société a révélé une perte potentielle de 9,1 milliards de dollars dans ses comptes en raison de la détérioration des marchés financiers. Elle a choisi pour l'instant de ne pas comptabiliser ses dépréciations au motif qu'un jour ou l'autre, la valeur des titres en portefeuille remontera bien. Et elle a utilisé les 2 milliards reçus du Trésor américain pour rembourser des clients qui souhaitent sortir de portefeuilles de titres devenus illiquides avec la crise.

State Street envisage d'ailleurs de percevoir de nouveaux fonds gouvernementaux. Ceux-ci pourraient s'avérer bien utiles. Car avec l'amplification de la récession économique, la détérioration des marchés financiers n'est peut-être pas terminée. Pour State Street, qui était encore profitable au quatrième trimestre, ceci pourrait signifier une détérioration plus importante encore de sa rentabilité. Mardi, les investisseurs ont massivement décidé que c'était le plus probable des scénarios et fuir. Le cours de Bourse de State Street s'est effondré de 59%.