Bonus-malus et prime à la casse: selon Sarkozy, "les autres nous imitent"

E24 avec AFP

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"Le soutien absolu au marché automobile, ça marche". Nicolas Sarkozy s'est félicité de la réussite du plan de soutien à l'industrie automobile, lors d'une visite, jeudi 26 février, d'une usine de Plastic Omnium-Sygmatec, un sous-traitant de l'automobile. Ce succès est dû à "la décision mixte prime à la casse - bonus malus", a expliqué le chef de l'Etat.

"On a été les premiers au monde à la faire", a-t-il poursuivi: "On a été critiqué partout, on a dit que j'étais protectionniste, mais maintenant les autres nous imitent". Sur la stratégie économique générale, a-t-il insisté, "nous n'avons pas fait d'erreurs. On a fait le plan banque, le plan auto, le plan relance, et ils [les autres pays européens] nous suivent". Nicolas Sarkozy avait présenté le 9 février un plan de soutien à l'industrie automobile totalisant 7,8 milliards d'euros.

En échange du plan de soutien à la filière automobile, a encore affirmé le chef de l'Etat, il a demandé des "engagements" de ne pas délocaliser. Et pour les véhicules propres de l'avenir aussi, "les investissements doivent se faire en France". Interrogé sur la forte hausse du chômage, M. Sarkozy a admis que "c'est une période difficile". "Mais si on n'avait pas fait le plan auto", a-t-il aussitôt ajouté, "la France ne s'en sortirait pas mieux que les autres. J'ai confiance, on va s'en sortir, mais c'est une fameuse bataille qui est engagée". Seulement, "je regrette beaucoup qu'il n'y ait pas eu de plan européen de soutien à l'automobile", a réitéré Nicolas Sarkozy.

Bruxelles, de son côté, demeure méfiant. La Commission européenne a lancé mercredi 25 février un nouvel avertissement aux pays de l'UE contre toute mesure protectionniste. Elle examine à la loupe six plans nationaux d'aide à l'automobile en France, Espagne, Italie, Suède, Allemagne et au Royaume-Uni. Neelie Kroes, la commissaire à la concurrence, a ainsi prévenu qu'elle entendait faire respecter certaines "lignes rouges". Elle juge que l'aide envisagée par l'Italie pourrait être "discriminatoire". La France doit, elle, se justifier sur l'obligation faite aux bénéficiaires d'aides de ne pas fermer d'usine en France. Certains pays de l'Est, comme la République tchèque, ont exprimé leurs inquiétudes. Ils craignent que les constructeurs suppriment du coup des postes chez eux et dénoncent des mesures "protectionnistes". Selon la commissaire néerlandaise, les pays européens devraient donc se limiter aux mesures comme les primes à la casse, les aides à la formation des travailleurs ou aux investissements verts, les aides temporaires pour faire face à la crise financière.