Le CAC 40 creuse ses pertes

E24 avec AFP

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La Bourse de Paris a terminé en forte baisse mardi, le CAC 40 perdant 2,15%, plombé par la chute des valeurs bancaires, dans un marché se montrant de plus en plus inquiet sur le secteur financier. L'indice vedette a lâché 64,41 points à 2.925,28 points, touchant son plus bas niveau depuis le 21 novembre (2.881,26 points à la clôture), dans un volume d'échanges limité de 3,121 milliards d'euros. Il avait terminé en baisse de 0,90% lundi. Londres a perdu 0,42%, Francfort 1,77% et l'Eurostoxx 50 2,46%.

Les investisseurs ont fait preuve de prudence jusqu'à l'ouverture à New York de Wall Street, en forte baisse, qui a entraîné dans son sillage la place parisienne. "Le marché est sous pression et guidé par le secteur bancaire", au lendemain de l'annonce de pertes colossales par l'établissement britannique RBS, a expliqué Frédéric Rozier, gérant chez Meeschaert Gestion Privée. Même l'attente de l'investiture de Barack Obama, qui est devenu le premier président noir des Etats-Unis, n'a pu soutenir la Bourse.

"La question était de savoir s'il y aurait un effet Obama, une sorte de petite euphorie passagère", a indiqué M. Rozier. Le marché guette en effet d'éventuels éléments de politique économique dans son discours. Mais l'annonce par la banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS) de pertes colossales pour 2008 "a calmé les plus optimistes", et "a enclenché une vague de corrections" dans le secteur financier, a-t-il poursuivi. "Tant qu'on n'aura pas une nouvelle agréable d'une grosse banque, il est vrai que ça va être dur de relever le secteur", a reconnu le gérant.

BNP Paribas a plongé de 13,33% à 23,85 euros, Société Générale de 13,67% à 24,64 euros, Natixis de 11,11% à 1,02 euro et Crédit Agricole de 6,98% à 7,21 euros. Le secteur automobile a aussi été sous pression, malgré l'annonce par le Premier ministre François Fillon, en ouverture des états généraux de l'automobile, d'une aide de l'Etat en faveur des constructeurs qui sera de "l'ordre de 5 ou 6 milliards d'euros".

Peugeot a chuté de 6,48% à 12,33 euros et Renault de 8,78% à 14,97 euros. Carlos Ghosn, président de ce dernier, a affirmé de son côté que les années 2009 et 2010 "s'annoncent difficiles, voire décisives" pour l'industrie automobile.

Vallourec a perdu 8,71% à 71,63 euros, victime de l'abaissement de la recommandation sur son titre à "sous-pondérer", contre "pondération neutre" auparavant par les analystes de la banque américain Morgan Stanley. Air France-KLM a fini dans le rouge (-9,48% à 7,79 euros), après avoir fait savoir qu'il passerait dans le rouge au troisième trimestre, se montrant prudent pour l'ensemble de son exercice. Eramet a reculé de 5,44% à 134,99 euros mais ArcelorMittal a grignoté 0,23% à 17,09 euros. Le groupe minier Rio Tinto a indiqué mardi dans un communiqué qu'il allait supprimer 1.500 postes en Europe dont 680 en France, dans le cadre de son plan de réduction de ses effectifs mondiaux de 14.000 salariés annoncé en décembre.

"Le seul secteur à sortir un petit peu la tête de l'eau est celui de l'aéronautique" en raison de l'appréciation du dollar, qui a touché mardi des plus hauts depuis plus d'un mois face à l'euro, a remarqué M. Rozier. EADS a monté de 3,26% à 13,29 euros et Safran de 1,94% à 9,33 euros. Alstom a aussi terminé nettement dans le vert, prenant 3,74% à 35,53 euros. Les investisseurs ont salué la progression de 11% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre de l'exercice 2008-2009 et la confirmation de son objectif de rentabilité.