Les Bourses dépriment malgré Obama

E24 avec AFP

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Une avalanche de mauvaises nouvelles dans les banques et le secteur automobile a provoqué un nouveau recul des places boursières mardi et mercredi, en dépit des espoirs suscités par l'entrée en fonction du nouveau président américain Barack Obama.

A Wall Street, le Dow Jones a lâché 4,01% et le Nasdaq 5,78%. En Europe, les bourses ont également fini en baisse: Londres a perdu 0,42%, Francfort 1,77% et Paris 2,15%.

Mercredi, la Bourse de Tokyo a achevé la séance en recul de 2% plombée par les valeurs bancaires. L'indice Nikkei a retrouvé son niveau du 2 décembre 2008.

Les mauvaises nouvelles étaient légion mardi, particulièrement dans le secteur automobile.

Toyota a annoncé un recul de ses ventes de 4% en 2008 et dans la foulée a remplacé son PDG par Akio Toyoda, petit-fils du fondateur. En outre, selon la presse, Toyota prévoit de supprimer à nouveau 3.000 postes de travail temporaires au Japon.

Mitsubishi Motors va suspendre une partie de sa production en mettant à l'arrêt une partie de ses usines en février.

Volkswagen a annoncé qu'il allait avoir recours à du chômage partiel pour deux tiers de ses 92.000 employés en Allemagne sur une semaine en février. Et BMW va également mettre 26.000 de ses employés au chômage partiel du 1er février au 31 mars.

Aux Etats-Unis, Chrysler, en grande difficulté, a trouvé son chevalier blanc: Fiat, qui prendra au moins 35% de l'américain en échange de l'accès à sa technologie.

En France, le président de Renault Carlos Ghosn a affirmé que la "survie d'un certain nombre de constructeurs et de fournisseurs" de l'automobile était "en jeu". Le Premier ministre François Fillon a annoncé que les aides françaises au secteur totaliseraient au final "5 ou 6 milliards d'euros".

Les inquiétudes concernant les banques ont été ravivées lundi après l'annonce par RBS d'une perte qui pourrait se monter à quelque 28 milliards de livres en 2008.

BNP Paribas a plongé de 13,33% à 23,85 euros et Société Générale de 13,67% à 24,64 euros. Les dirigeants des grandes banques cotées à Paris ont accepté de renoncer à leur rémunération variable au titre de 2008.

Les valeurs bancaires américaines continuaient également de chuter à la Bourse de New York, Bank of America et Citigroup en tête.

Bank of America a plongé de 29% à 5,1 dollars; Citigroup de 20% à 2,8 dollars; J.P.Morgan, de 20,7% à 18,09 dollars et Wells Fargo de 23,8% à 14,23 dollars. Goldman Sachs et Morgan Stanley ont chuté de respectivement 19% et 16%. Bank o fNew-York Mellon a chuté de 17% après l'annonce de résultats trimestriels en forte baisse.

Selon le Financial Times, Bank of America devrait licencier cette semaine plusieurs milliers de ses employés travaillant sur les marchés de capitaux.

Sur les marchés des changes, l'euro a encore reculé face au dollar, atteignant son plus bas depuis un mois, sous les 1,30 dollar, victime d'un rapport très pessimiste de Bruxelles sur les perspectives économiques en Europe. La livre dégringolait également après les pertes abyssales de RBS.

Lundi la Commission européenne avait affiché son pessimisme, prévoyant un recul du PIB de 1,9% en 2009 dans la zone euro, avec une hausse du taux de chômage de près de trois points entre 2008 et 2010, à 10,2% en 2010.