La Belgique envisage de créer une "bad bank" pour les actifs à risque

E24 avec AFP

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Les nouvelles aides au secteur bancaire envisagées par la Belgique pourraient prendre la forme d'une "bad bank" pour les actifs à risque, a laissé entendre mercredi 21 janvier le ministre des Finances Didier Reynders. "Il y a plusieurs pistes qui sont suivies, à la fois l'idée de remettre du capital dans un certain nombre d'institutions, et peut-être aussi de sortir les produits dits toxiques de ces mêmes institutions pour leur rendre une meilleure santé", a-t-il dit à la radio RTBF.

La création d'une "bad bank", une structure de cantonnement pour isoler les actifs ou créances à problèmes (dits "toxiques"), a déjà été retenue par les Etats-Unis. "Mais cela impliquerait le rachat de ces produits et donc une sortie en cash, sans doute trop importante pour un pays déjà lourdement endetté", souligne mercredi le journal économique francophone L'Echo.

La dette publique de la Belgique atteignait 88,3% du PIB l'an passé, et devrait monter à 91,2% cette année, selon les dernières prévisions de la Commission européenne. La Belgique a déjà déboursé 20 milliards d'euros l'an dernier pour sauver ses banques, et le "deuxième tour bancaire" évoqué par M. Reynders pourrait encore coûter une trentaine de milliards, selon une estimation citée dans Le Soir. La Belgique pourrait toutefois s'inspirer du modèle annoncé cette semaine par le Royaume-Uni, où la "bad bank" est virtuelle, avec une garantie de l'Etat qui assure, contre rémunération, les banques contre les pertes liées à leurs actifs toxiques, poursuit L'Echo.

En Belgique, l'un ou l'autre scénario pourrait s'appliquer au portefeuille d'actifs structurés de Fortis, que le français BNP Paribas a refusé de reprendre, ou aux obligations complexes de type CDO de KBC. Cette dernière est en chute libre à la Bourse depuis plusieurs jours à cause de craintes de nouvelles pertes liées aux CDO. L'action KBC, à ses plus bas niveaux historiques, plongeait de plus de 20% mercredi pour la quatrième séance consécutive.