Prise de "TED spread"

— 

Les banques françaises au bord du gouffre… Une vue de l'esprit ? Pas vraiment. Ce fut même une réalité sur les marchés financiers, à en croire l'évolution du TED spread, un indicateur qui mesure l'aversion au risque des investisseurs.

Le TED spread est la contraction de Treasury Eurodollar. Il mesure l'écart de rendement entre les billets à 3 mois du Trésor américain ("T-Bills") et le taux du marché monétaire à 3 mois appelé "LIBOR" ("London Interbank Offered Rate").

Le 10 octobre dernier, cet indicateur a atteint un record de 463 points de base. A ce niveau, les investisseurs estimaient que le système financier mondial était au bord de l'implosion. C'est la "panique sur les marchés obligataires", écrivent les gérants obligataires de La Française des Placements dans une lettre à leurs clients. "Le Ted Spread explose aux Etats-Unis et la fuite vers les actifs les plus sûrs propulse le rendement des T-Bills à 0,07%, soit un plus bas depuis le bombardement de Londres en 1941", ajoutent-ils.

Revenu ce mardi 21 octobre à 282 points de base, l'écart de rendement est encore élevé, mais il s'est sensiblement détendu. Certains investisseurs sortent des actifs les plus sûrs pour réinvestir dans du papier un peu plus risqué, à l'instar des fonds souverains.

Ce mouvement est-il durable ? Pour certains intervenants, on pourrait observer la poursuite de cette détente vers un niveau proche de 150 points de base. Mais il faudra que d'autres indicateurs de tension, comme la volatilité, se détendent également. Puis, au fil des mois, le marché devra encore digérer le fait que le monde entre en récession.