Hertz veut baisser de 5% le salaires des cadres

G. G. avec AFP

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"Un effort de solidarité". C'est ainsi que la direction de Hertz a demandé à ses cadres de renoncer à 5% de leur salaire brut pendant trois mois afin de "préserver au maximum les emplois" dans le contexte de crise, a-t-on appris jeudi auprès d'un délégué CGT. Confirmant une information de Libération, Arnaud Garnaud, délégué central CGT, a indiqué que cette mesure avait été demandée à environ 150 personnes et que 67% d'entre elles auraient accepté.

"Celles qui ont dit oui l'ont fait par peur de représailles, celles qui ont dit non sont surtout en région, plus loin de la pression du siège", a commenté le syndicaliste. Dans son édition de jeudi, Libération reproduit la lettre envoyée aux cadres dans laquelle Hertz précise que la réduction sera effectuée "en porcentage (du salaire brut) et en fonction du statut (Ndlr: 5 ou 7,5%), pour une période de trois mois, soit du 1er avril 2009 jusqu'au 30 juin 2009 et sur la base du volontariat".

Sollicitée, la direction de Hertz n'a pas souhaité commenter cette information et a indiqué "ne pas avoir de commentaire à faire sur la politique salariale de l'entreprise".

"Chantage"

Interrogé sur Europe 1 au sujet de cette baisse de salaires, Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, a demandé à "voir concrètement ce qu'a fait Hertz" tout en se disant opposé à "du chantage dans cette période". "Si c'est la même méthode que Renault qui a dit à ses cadres "faites un effort sur vos congés, les ouvriers font un effort sur les congés et on ne licencie personne", c'est positif", a ajouté Laurent Wauquiez.

Le constructeur automobile a en effet mis en place un système "de solidarité" original pour aider à indemniser à 100% du salaire net les jours de chômage partiel imposés aux ouvriers. Pour cinq jours de chômage partiel, les cadres et ingénieurs renoncent à une journée de RTT, ce qui vient alimenter le fonds d'indemnisation du chômage partiel interne à Renault.

Hertz avait déjà annoncé en janvier dernier la suppression de 4.000 postes au niveau mondial. En France, des départs ne seraient pas remplacés.