Premier pas judiciaire dans l'affaire Madoff

E24 avec AFP

— 

Bernard Madoff a accepté la présentation de l'affaire faite par l'autorité américaine de régulation des bourses, la SEC, lundi 9 février. Cette acceptation, qui a valeur de jugement partiel, implique que "les faits de la plainte (déposée par la SEC) sont établis et qu'ils ne peuvent plus être contestés par Madoff", selon un communiqué diffusé par le gendarme de la Bourse américaine sur son site internet. Sur le fond, Madoff n'a ni accepté, ni contesté les accusations de la SEC à son encontre.

Le jugement partiel, qui doit être entériné par le juge fédéral Louis Stanton du district judiciaire sud de New York, implique que les mesures conservatoires prises par la SEC, et notamment le gel des avoirs Madoff, vont pouvoir être maintenues. En revanche, le document n'aborde pas les questions comme le remboursement des sommes illégalement acquises et les pénalités financières qui pourraient être prononcées contre l'ancien gourou de la finance. Ces décisions seront prises "plus tard", a simplement indiqué la SEC.

Déposée le 11 décembre, la plainte de la SEC affirme que Madoff et son groupe Bernard L. Madoff Investment Securities LLC ont commis pendant des années une fraude atteignant 50 milliards de dollars. Le document rappelle que le financier avait, juste avant le dépôt de la plainte de la SEC, informé deux de ses proches collaborateurs que ses activités de conseil en investissement étaient une escroquerie.

Bernard Madoff avait alors affirmé à ces employés qu'il était "fini", qu'il n'avait "absolument plus rien", que "tout était un grand mensonge" et que ses opérations n'étaient au fond qu'une "énorme arnaque pyramidale". Le chiffre de 50 milliards de dollars (38,4 milliards d'euros) a été avancé par Madoff lui même lors de cette conversation, a rappelé l'organisme gouvernemental.