Royal Bank of Scotland s'attend à une perte annuelle de 28 milliards de livres pour 2008

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La banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS) a annoncé lundi 19 janvier qu'elle pourrait perdre jusqu'à 28 milliards de livres en 2008, affectée à la fois par la crise du crédit et par la dépréciation de sa participation dans la banque néerlandaise ABN Amro, rachetée en 2007. RBS avait annoncé dans un premier temps s'attendre à une perte annuelle de 7 à 8 milliards de livres avant éléments exceptionnels pour l'exercice 2008, perte concernant ses activités dans le secteur du crédit. Dans le seul secteur de la banque universelle, RBS a évalué ses pertes à 3 milliards de livres.

Elle a ensuite précisé qu'elle pourrait subir des pertes liées aux écarts d'acquisition, c'est-à-dire des dépréciations d'actifs, de 15 à 20 milliards de livres. Ces pertes concerneraient principalement l'acquisition par RBS en 2007 de la banque néerlandaise ABN Amro, en partenariat avec ses homologues belge Fortis et espagnole Santander.

RBS a publié ces chiffres lundi dans un rapport d'activité qui précède la publication officielle de ses résultats annuels, prévue pour le 26 février. Dans ce document rendu public lundi, RBS note que "les conditions de marché et de crédit ont été particulièrement difficiles au quatrième trimestre 2008" et souligne que, sans ces dépréciations d'actifs, elle serait à l'équilibre, ce qui reflète selon elle "la profitabilité de ses activités de détail et de banque commerciale".

RBS, dont le gouvernement détient déjà 57,9%, a de même indiqué lundi dans son rapport d'activité avoir trouvé un accord avec le Trésor britannique pour remplacer les 5 milliards de livres d'actions préférentielles que celui-ci détient par des actions ordinaires. Ces actions préférentielles détenues par le Trésor britannique coûtent environ 600 millions de livres par an à RBS en dividendes. Elles n'étaient pas comptabilisées dans le capital de RBS.

Les 5 milliards de livres de nouvelles actions ordinaires ainsi créées seront proposées aux actionnaires de RBS, au prorata de leur participation actuelle, au prix de 31,75 pence l'action, soit une décote de 8,5% par rapport au cours de clôture du titre RBS vendredi. Toutes les nouvelles actions non souscrites par les actionnaires privés de RBS seront souscrites par le Trésor britannique, ce qui, selon diverses sources, devrait porter à quelque 70% la part du gouvernement dans le capital de la banque. De fait, en novembre, seuls 0,24% des actionnaires de RBS avaient décidé de souscrire aux 15 milliards de livres d'actions ordinaires mises sur le marché. La nouvelle opération ne devrait pas se dérouler avant la fin mars.

En contrepartie de cette émission de 5 milliards de livres de nouvelles actions ordinaires, qui va lui permettre de disposer de plus de liquidités, RBS s'est engagée lundi à augmenter le montant de ses crédits de quelque 6 milliards de livres. Après toutes ces opérations, RBS espère voir son ratio Core Tier One passer entre 6,9% et 7,4%.

Le cours de l'action RBS a chuté de 36% la semaine dernière, à 35 pence, soit son plus bas niveau depuis plus de 10 ans. Lundi, le titre RBS a cédé jusqu'à 71,18%, tombant à 10 pence, après qu'elle eut annoncé qu'elle pourrait perdre jusqu'à 28 milliards de livres (31 milliards d'euros) en 2008.