Nicolas Sarkozy veut créer des fonds souverains européens

E24 avec AFP

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Nicolas Sarkozy n'en a pas fini avec la crise. Le Président français s'est prononcé, mardi 21 octobre, lors d'un discours devant le Parlement européen, en faveur de la création en Europe de fonds souverains, qui, coordonnés, permettraient "d'apporter une réponse industrielle à la crise" économique. "Je demande qu'on réfléchisse à l'opportunité de créer chacun d'entre nous des fonds souverains, et peut-être qu'ils pourraient se coordonner pour apporter une réponse industrielle à la crise", a-t-il déclaré.

La proposition française a été mal accueillie à Berlin. "Protéger l'industrie européenne contre une reprise par des fonds d'Etat étrangers grâce à des participations étatiques contredit tous les principes d'une politique économique couronnée de succès", a estimé ministre allemand de l'Economie Michael Glos.

Créés par certains gouvernements, les fonds souverains sont des fonds d'investissement spéciaux pour gérer les avoirs extérieurs des Etats. Leurs actifs sont estimés aujourd'hui à 5.000 milliards de dollars et sont très développés en Asie et dans les pays producteurs de pétrole notamment.

Désaccords

"Je connais parfaitement les désaccords entre certains pays" sur le sujet, mais je ne peux pas imaginer qu'on m'explique qu'il fallait une réponse unie européenne à la crise financière et que face à la crise économique il n'en fallait pas une", a-t-il dit. Etre "unis ne veut pas dire la même réponse", a-t-il précisé, estimant qu'il faudrait harmoniser et coordonner les politiques économiques en réponse à la crise économique. "Notre devoir, c'est qu'en Europe, on puisse continuer à construire des bateaux, des avions, des automobiles", a-t-il conclu.

Préparation

Nicolas Sarkozy a également indiqué qu'il allait proposer une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pour préparer les sommets mondiaux sur la refonte du système financier internationt. Des sommets dont le principe a été accepté par les Etats-Unis le week-end dernier.

L'Europe "doit porter l'idée d'une refondation du capitalisme mondial", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Ce qui s'est passé, c'est la trahison des valeurs du capitalisme, ce n'est pas une remise en cause de l'économie de marché", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat français, qui préside l'UE, a indiqué que "la solution la plus simple" pour les sommets mondiaux serait d'associer les pays industrialisés du G8 aux cinq plus grandes économies émergentes comme la Chine et l'Inde.

Ce sera "tout l'objet du déplacement en Chine, pour convaincre les puissances asiatiques de participer à cette refondation", a-t-il dit, en référence au prochain sommet de l'Asem qui réunira 43 pays d'Europe et d'Asie à Pékin vendredi et samedi. Le chef de l'Etat français a également appelé à la création d'un "gouvernement économique clairement identifié" dans la zone euro, travaillant aux côtés de la BCE. "La Banque centrale européenne", seule institution fédérale de la zone euro à l'heure actuelle, "doit être indépendante" mais l'institut monétaire de Francfort, qui gère l'euro, "doit pouvoir discuter avec un gouvernement économique".