L'UMP désignera à l'opinion les banquiers qui refusent de renoncer à leurs bonus

E24 avec AFP

— 

L'UMP veut faire de la délation. Le parti majoritaire "désignera à l'opinion publique" les banquiers qui refuseront de renoncer à leurs bonus, a indiqué lundi l'un de ses porte-parole, Frédéric Lefebvre, y voyant "une question de morale". "Evidemment, il n'y a pas de moyens législatifs de les contraindre" parce que ce sont "les conseils d'administration qui décident", a pourtant reconnu Frédéric Lefebvre sur LCI.

C'est d'ailleurs l'argumentation de Georges Pauget, le directeur général de Crédit Agricole. Il explique que sa rémunération est décidée "en application des lois et règlements en vigueur" par "des instances spécifiques représentant les actionnaires" -comité des rémunérations et Conseil d’Administration- et qu'il "se conformera" à la décision de ces instances. Le 18 janvier, le Journal du Dimanche, révélait que les directeurs de la Société Générale et du Crédit Agricole ne voulaient pas renoncer à leurs bonus.

Frédéric Lefebvre souhaite donc "interpeller chacun des grands banquiers devant l'opinion et ils prendront leurs responsabilités", avant d'ajouter qu'il y a là "une question de morale". Le député des Hauts-de-Seine a insisté: "Quand ils n'ont pas su prendre leurs responsabilités et qu'en plus il y a en a qui décideraient de s'offrir un certain nombre de bonus, nous les désignerons à l'opinion publique parce que je crois qu'aujourd'hui ils doivent prendre la responsabilité de rendre des comptes." Il a salué "le bon exemple" donné par les dirigeants de BNP-Paribas.

Le président de la banque, Michel Pébereau, et son directeur général Baudouin Prot, ont décidé de renoncer à leur rémunération variable ("bonus") pour l'exercice 2008 alors que l'an dernier, ils avaient respectivement touché à ce titre 875.000 et 2,27 millions d'euros. Les deux dirigeants se sont ainsi pliés à la volonté du président Nicolas Sarkozy qui a demandé jeudi aux dirigeants des banques françaises de suspendre cette année la "part variable" de leurs rémunérations sur les résultats de 2008, en contrepartie du soutien financier que l'Etat leur a apporté pour faire face à la crise.