Les analystes focalisés sur les besoins de liquidité des constructeurs

Anne-Sophie Galliano

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PSA Peugeot Citroën et Renault doivent annoncer leurs résultats annuels pour l'ensemble de 2008 respectivement le 11 février et le 12 février. Ils sont très attendus par les analystes. Pas sur les résultats, mais plus sur les perspectives. "Nous tablons sur un résultat net à l'équilibre pour PSA et un profit d'un milliard d'euros pour Renault. Mais les chiffres de résultats nets ne nous intéressent plus vraiment. Nous sommes plus soucieux de savoir comment ils vont traverser la crise et comment ils vont tenir s'ils tablent sur des pertes en 2009", explique un analyste.

Les analystes vont plutôt se concentrer sur le niveau d'endettement, et surtout sur les besoins de liquidités des deux constructeurs, crucial pour traverser la crise et la chute sévère de la demande de véhicule.

Les immatriculations de voitures neuves en Europe ont reculé de 8% l'an dernier, la plus forte baisse du marché en 15 ans, et la situation est pire depuis début janvier. Volkswagen estime que le marché est en chute de 22% sur le mois. Le bonus-malus, la prime à la casse de 1.000 euros (pour la vente d'un véhicule de plus de 10 ans contre l'achat d'un véhicule neuf) mis en place par le gouvernement ou encore les mesures commerciales des constructeurs ne vont soutenir qu'un temps les ventes de voitures en France. L'état des stocks sera donc l'autre point noir des comptes des constructeurs. Un surplus de stocks coûte cher et empêche la production de nouveaux véhicules, ce qui entraînerait encore des arrêts production, donc du chômage technique, voire pire: de nouveaux plans de départs volontaires.

Le discours de PSA Peugeot Citroën et Renault sur les perspectives est donc particulièrement attendu par la communauté financière. Peugeot est le premier à se prêter à cet exercice délicat, qui pourrait être facilité par l'annonce ce lundi 9 février d'un prêt de l'Etat de 6 milliards d'euros, à partager entre les deux constructeurs automobiles. De quoi sauver la trésorerie des groupes. Pour un temps.