AmEx résiste mais se fait dégrader par Moody's

E24 avec AFP.

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Le groupe de services financiers American Express (AmEx) a fait état lundi 20 octobre de résultats supérieurs aux attentes pour le troisième trimestre, et a affiché sa confiance dans son modèle économique et dans l'efficacité des mesures d'économie prises pour traverser la crise.

AmEx a accusé une baisse de 24% du bénéfice net sur le trimestre, à 815 millions de dollars, plombé par une baisse sensible des dépenses des détenteurs de ses cartes de crédit aux Etats-Unis et à l'international.

Par action, le bénéfice net représente 70 cents et remonte à 74 cents à périmètre comparable, selon un communiqué du groupe.

Les revenus se sont inscrits en hausse de 8%, à 7,16 milliards de dollars.

Le marché tablait sur un bénéfice par action de 59 cents, pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 7,31 milliards de dollars.

La direction a indiqué, dans un communiqué, tabler sur "une détérioration de la confiance des ménages et des entreprises" pour les mois à venir, "ce qui va se traduire par une économie plus faible sur toute la planète en 2009".

Pour le groupe, cela risque de se traduire par "des dépenses réduites chez les détenteurs de cartes de crédit", et par "une croissance limitée des prêts", sous le double effet d'une politique de crédit plus prudente de la part d'AmEx et de la réduction du recours à l'emprunt chez les Américains.

Toutefois, AmEx s'est dit "confiant" dans son modèle économique, qui le laisse "bien positionné pour pouvoir dégager des bénéfices et des liquidités dans un environnement qui vraisemblablement s'annonce comme le plus faible connu ces dernières années".

Notamment, AmEx a dit pouvoir compter sur ses "capacités de financement" et sur la mise en oeuvre d'un plan "pour dégager des liquidités".

Le groupe avait déjà annoncé en juillet des mesures pour "libérer des ressources, en réduisant ses coûts et ses effectifs".

Ces mesures obligeront le groupe a passer une provision dans ses comptes du 4e trimestre, a-t-il indiqué lundi, sans plus de détails. "Nous pensons mettre en oeuvre ces éléments bientôt", a seulement indiqué AmEx.

Parallèlement, le groupe entend mener une gestion prudente, faite "d'investissements sélectifs" et soucieuse d'un "équilibre entre les performances de court-terme et de long-terme".

L'agence de notation Moody's Investors Service a fait des commentaires sensiblement différents, déplorant qu'AmEx ait "conservé son modèle économique centré sur les dépenses" de ses clients, et "développé sensiblement son exposition aux prêts au fil des ans", selon un communiqué.

Pour Moody's, qui a dégradé d'un cran, à "A2", la note de la dette à long terme d'AmEx et envisage d'abaisser encore les notes à l'avenir, "l'érosion des conditions économiques aux Etats-Unis va être un lourd fardeau pour la qualité d'actifs et les bénéfices d'AmEx".

Parmi les faits saillants du 3e trimestre, l'activité de cartes de crédit aux Etats-Unis a vu son bénéfice divisé par plus de deux, à 244 millions de dollars, et le groupe a dû augmenter de 638 millions de dollars (sur un an), à 941 millions de dollars, ses provisions pour créances douteuses.

A l'international, cette même activité accuse également une réduction de moitié de son bénéfice, à 67 millions de dollars.

Le bénéfice dans les services aux commerçants est resté stable, à 134 millions de dollars, et il a reculé de 3% dans les services commerciaux à l'international, à 258 millions.

Le groupe a par ailleurs engrangé un gain de 158 millions de dollars, grâce à l'issue favorable d'un litige contre ses concurrents Visa et Mastercard et à un gain d'impôt.

L'ensemble de ces éléments était salué à la Bourse de New York: l'action du groupe prenait 5,63%, à 25,72 dollars, lors des échanges électroniques suivant la clôture de la séance.