L'ouvrier espagnol mieux payé que le français

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Il vaut mieux être ouvrier en Belgique, technicien aux États-Unis, et manager en Grande-Bretagne. Ce sont les conclusions d'une étude du cabinet Mercer. La comparaison des salaires selon les pays révèle quelques surprises. Chaque pays a ses avantages et ses pratiques salariales.

En tête du peloton, un ouvrier belge perçoit une rémunération annuelle de 20.851 euros. Il devance d'une courte tête la fiche de paie d'un ouvrier allemand et ses 19.409 euros. A titre de comparaison, leur homologue indien perçoit 2.706 euros tandis qu'en France, le revenu s'élèvera à 12.300 euros! La France se situe juste dans la moyenne et n'est pas la mieux placée, quelle que soit la position dans la hiérarchie de l'entreprise. Cependant un ouvrier français "gagne" 78% de plus qu'un Indien, 74,2% de plus qu'un Chinois et 60,8% qu'un Polonais. Mais, la Belgique , l'Allemagne, l'Espagne (+ 44%), l'Angleterre (+ 42,1%) et même l'Italie (+ 9%) sont devant la France.

Les États-Unis sont encore plus loin devant. Chez les agents de maîtrise confirmés, ce sont bien les Américains qui occupent la tête du classement avec 42.090 euros par an, alors que les Français plafonnent à 30.070 euros, soit une différence mensuelle de près de 1.000 euros!

Mais en s'élevant dans la hiérarchie, les écarts entre les salariés se réduisent, aussi bien entre Occidentaux qu'avec les cadres d'Europe de l'Est et même d'Asie. Conclusion: les différences de coûts salariaux se situent davantage sur la main-d'œuvre non qualifiée que sur les ingénieurs, cadres et managers.

Dans tous les pays, les entreprises sont confrontées à une pénurie de talents, aussi bien d'experts que de managers, qu'il faut bien rémunérer sous peine de les voir partir ailleurs. Aujourd'hui, un ingénieur indien ou chinois a la possibilité de se faire embaucher non seulement dans son pays d'origine, qui connait des taux de croissance élevées, mais également dans pratiquement tous les pays occidentaux à la recherche de compétences scientifiques.

Un ingénieur (ou un cadre moyen) perçoit 41.300 euros en France contre 54.020 euros aux Etats-Unis et 52.234 euros en Angleterre. Les écarts se réduisent avec l'Espagne (+ 9,6% par rapport à la France), tandis que l'Italie passe derrière la France (-3%.).

Les cadres français l'ont bien compris: pour gagner plus, il faut parfois partir... loin. À ce petit jeu, mieux vaut se faire embaucher par une entreprise américaine ou britannique, où la rémunération d'un manager est 20% plus forte, même après déductions fiscales. Depuis la création de l'euro, les comparaisons au sein de l’Europe, sont facilitées. Cela rend la tache plus difficile pour les directions des ressources humaines de grands groupes internationaux. Comment, en effet, justifier des écarts de salaire entre un salarié anglais, allemand, français ou polonais, voire chinois, d'une même multinationale?