Économie

Le gouvernement écarte l'idée Accoyer d'une "amnistie fiscale"

Dans un entretien vendredi 10 octobre dans "Les Echos", Bernard Accoyer lance une double proposition: "Pourquoi ne pas réfléchir au lancement d'un grand emprunt d'Etat, pour être en mesure de donner au secteur bancaire les moyens de financer notre économie? Pourquoi ne pas réfléchir aussi à une amnistie fiscale pour nos compatriotes qui accepteraient de rapatrier leurs capitaux, sous condition bien sûr de souscrire à cet emprunt d'Etat?" Le président de l'Assemblée nationale ajoute qu'il s'agit d'une "idée personnelle" mais "qu'elle pouvait être partagée".

Pas par le gouvernement, visiblement, dont le porte-parole Luc Chatel a assuré qu'il allait "écarter cette proposition". Une telle amnistie n'aurait pas "d'impact direct sur la crise" et ne constitue pas "une idée juste", a jugé Luc Chatel sur France Info. Dans un premier temps il s'était contenté de l'estimer "pas vraiment d'actualité".

Quant à l'idée d'un emprunt d'Etat, une porte-parole de l'UMP, Chantal Brunel, a souligné "qu'aujourd'hui, l'Etat français dispose de liquidités" et n'en a donc pas besoin.

La gauche, qui avait proposé sans succès une amnistie fiscale en 1982 sous le gouvernement de Pierre Mauroy, est de son côté rapidement montée au créneau pour condamner cette idée, dans un contexte marqué par un krach mondial et la dégradation de la situation économique et sociale française.

Au sein de la majorité, comme au gouvernement, la suggestion de Bernard Accoyer a suscité de fortes critiques. Député Nouveau centre, Charles de Courson a ainsi rejeté une idée "totalement inadaptée" et "choquante". Surtout, le Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a exprimé clairement son désaccord. "Mon point de vue, ce n'est pas d'aider ceux qui ont quitté le navire en s'en mettant dans les poches", mais "d'aider ceux qui sont dans la cale en ayant des difficultés", a avancé le "père" du RSA. Le Premier ministre François Fillon, interrogé en marge d'un déplacement, s'est, lui, refusé à tout commentaire.

Bernard Accoyer n'a pas tardé à prendre acte de ce peu d'enthousiasme: "Eh bien, trouvons d'autres solutions (...) ouvrons la boîte à idées".