"Les banques n'avaient pas besoin des milliards accordés"

Thibaud Vadjoux avec AFP

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Les banques peuvent-elles se passer des milliards d'euros de prêts accordés par l'Etat? Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a affirmé, mercredi 21 janvier, que celles-ci, au moment de l'éclatement de la crise financière en septembre, n'avaient "pas vraiment" besoin "d'un tel renforcement de leur capital, à part la banque franco-belge Dexia".

Et la nouvelle recapitalisation du gouvernement prévue avant la fin mars ne répond pas non plus à un besoin urgent. Le gouvernement a, en effet, annoncé que l'Etat achètera des titres de dette émis par les banques à hauteur de 10,5 milliards d'euros pour renforcer leurs fonds propres. Cette nouvelle aide intervient après la première tranche de 10,5 milliards en octobre 2008. Cette aide est plutôt destinée à empêcher d'éventuels problèmes selon Christian Noyer.

Ces 10,5 milliards ne visent pas à renflouer des banques qui "restent globalement rentables". Selon le gouverneur de la Banque de France, "les banques françaises sont saines et solides et affichent toujours des ratios de solvabilité élevés, au-dessus des seuils prudentiels minimums". Leur modèle de "banques universelles" leur permet de bénéficier de "fonds propres suffisants, que ce soit en termes de normes prudentielles ou par rapport à leurs homologues des autres pays industrialisés". Elles disposent de "sources de revenus régulières" et diversifiées ce qui leur permet de moins pâtir des mauvaises conditions de marchés financiers", a-t-il ajouté. "Leur recapitalisation publique n'est pas destinée à compenser des faiblesses ou des failles. Il s'agit plutôt d'anticiper des problèmes éventuels", conclut Christian Noyer.

"Bien sûr, les banques françaises ne sont pas immunisées contre la crise. Leur exposition directe ou indirecte aux actifs toxiques les a contraintes à passer des dépréciations record", reconnaît-il, ajoutant que "le manque de liquidité et les perturbations prolongées du marché (interbancaire) ont fait grimper les coûts de refinancement" pour les institutions financières. Il a précisé que le fait de raviver le flux de liquidité "reste une priorité urgente". "S'il reste du chemin à parcourir", le marché interbancaire, par lequel les banques se prêtent des fonds entre elles, a montré des "signes d'amélioration progressive".