Mahindra and Mahindra sauve Satyam

A.-S. G. avec AFP

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La filiale informatique du conglomérat indien Mahindra and Mahindra vient d'acheter une part stratégique du géant Satyam sauvant provisoirement cet ex-fleuron des logiciels.

Au terme d'un processus de vente aux enchères amorcé en mars, la société "Tech Mahindra a remporté l'offre (d'achat) à 58 roupies par action" pour une part de 31% de Satyam, a déclaré à l'AFP un porte-parole du groupe.

La vente d'une partie de l'ancien quatrième groupe indien d'infogérance implique pour l'acheteur d'acquérir 20% supplémentaires via une offre publique d'achat. Des analystes évaluent à 29 milliards de roupies (580 millions de dollars) la somme que Tech Mahindra devra débourser pour prendre ces 51% de Satyam.

L'entreprise valait 7 milliards de dollars il y a un an, lorsqu'elle comptait encore 700 clients dans 70 pays, dont les géants Nestlé, General Electric ou General Motors.

L'acheteur, le groupe industriel Mahindra and Mahindra -spécialisé dans les infrastructures, les tracteurs et les voitures- a indiqué, par la voix de son patron Anand Mahindra, "changer de dimension" en se positionnant dorénavant sur l'outsourcing dans les télécommunications. Sa filiale Tech Mahindra, basée à Pune (ouest) compte 23.000 salariés contre 48.000 pour Satyam.

Celui-ci joue sa survie depuis la démission début janvier de son fondateur et président, B. Ramalinga Raju, qui a avoué une escroquerie de plus d'un milliard de dollars dans les comptes. Il avait révélé avoir falsifié les bilans et fait artificiellement gonfler les bénéfices sur plusieurs exercices.

L'homme est en prison et poursuivi en justice par la police criminelle depuis la semaine passée pour "fraude", "tromperie" et "association de malfaiteurs" en compagnie de son frère et sept personnes, parmi lesquels deux auditeurs du célèbre cabinet PriceWaterhouseCoopers.

Une nouvelle direction avait été nommée par le gouvernement indien pour redresser le groupe et en vendre la majorité du capital. Il restait officiellement trois prétendants dans la course: la multinationale de l'ingénierie Larsen and Toubro, qui possède déjà 12% de Satyam Tech Mahindra et le milliardaire américain Wilbur Ross, habitué à s'emparer de proies en difficulté.