"Les bons du Trésor US sont toujours aussi sûrs"

T.V. avec AFP

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Les Etats-Unis garderont-ils la confiance des investisseurs étrangers pour financer leurs déficits? Les premiers avertissements sont venus de Chine. Le Premier ministre, Wen Jiabao, a déclaré, vendredi 13 mars, qu'il était inquiet pour les

centaines de milliards de dollars investis
par la Chine dans l'économie américaine, notamment en bons du Trésor. Manœuvre politique ou réelle inquiétude, en soulevant ce problème, le gouvernement chinois montre qu'il est devenu un bailleur de fonds des Etats-Unis et qu'il peut leur demander des comptes.

Le Président américain Barack Obama leur a indirectement répondu affirmant, samedi14 mars, que "non seulement le gouvernement chinois, mais aussi chaque investisseur peut avoir une confiance absolue dans la solidité des investissements aux Etats-Unis".

Le déficit de l'Etat américain glisse en effet sur une pente dangereuse. En 2008, le déficit budgétaire a atteint 8,1% du PIB soit plus de 1.200 milliards de dollars et sans prendre en compte le dernier plan de soutien à l'économie de Barack Obama (838 milliards de dollars). Le budget de l'administration Obama repose sur un déficit record prévu à 1.750 milliards de dollars. Les investisseurs étrangers qui achètent les bons du Trésor américains s'inquiètent de la capacité des Etats-Unis à honorer leur dette sur le long terme. Barack Obama a pris la mesure du problème. Bien que la crise impose des dépenses de relance sans précédent, il s'est engagé à réduire de moitié le déficit d'ici à la fin de son mandat.

Pour Lawrence Summers, principal conseiller économique de Barack Obama, la qualité de la signature des Etats-Unis reste toujours aussi sûre. Les bons du Trésor américains ne risquent pas de perdre la note "AAA" qui est décernée aux placements les plus sûrs. "Il s'agit d'actifs de choix pour des gens dans le monde entier", a déclaré Lawrence Summers. "Du moment que nous gérons notre économie de manière saine (...) les marchés financiers américains vont s'en sortir, malgré une période de difficultés", a-t-il assuré. "La seule chose que nous devons faire, c'est mener la bonne politique, étape par étape: les emplois, l'immobilier, les petites entreprises, le crédit, les banques", a-t-il expliqué.