La Russie devrait reprendre les livraisons de gaz vers l'Europe

AFP

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La réouverture des vannes de gaz russe aux Européens serait imminente grâce à l'accord arraché dans la nuit par la présidence tchèque de l'Union européenne auprès de Moscou et Kiev pour le déploiement d'observateurs chargés de surveiller le transit gazier.

Au terme de trois jours de tractations diplomatiques, d'abord à Bruxelles, puis à Kiev et à Moscou, le président en exercice de l'UE, le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, a enfin réussi à convaincre les dirigeants russes et ukrainiens de signer un accord à ce sujet. "Cela devrait enfin permettre la reprise des livraisons de gaz russe à l'UE", a souligné le président de la Commission Jose Manuel Barroso dans un communiqué dimanche 11 janvier, insistant sur l'urgence de "voir ce gaz circuler immédiatement vers l'UE".

Mais

Gazprom
a indiqué ne pas avoir reçu de copie de cet accord pour l'instant. "Gazprom n'a pas encore reçu de version, même faxée, du document signé dans la nuit à Kiev", a indiqué la société russe, qui n'a pas précisé quand elle comptait reprendre ses livraisons gazières.

Les observateurs européens, russes et ukrainiens étaient en route dimanche vers les stations de contrôle du gaz où elles auront pour tâche de s'assurer qu'aucun volume n'est subtilisé pendant le transit. La Russie avait justifié la coupure totale de ses exportations via l'Ukraine mercredi par les "vols" dont Kiev se serait rendue coupable. Dimanche 11 janvier dans la journée, la Russie a invoqué des problèmes de procédure qui retardent le déploiement des observateurs chargés de surveiller le transit gazier.

Le protocole, signé par la Russie, l'Ukraine et l'UE, prévoit la création d'un "groupe d'experts comprenant 25 experts de chaque côté. Ce groupe doit effectuer le contrôle sur le principe de parité, tant sur le territoire ukrainien que russe", a indiqué la présidence ukrainienne. "L'information sur les résultats du contrôle du transit sera transmise en temps réel aux structures compétentes à Kiev, Bruxelles et Moscou", précise-t-elle. "Les livraisons de gaz peuvent reprendre dimanche si tout le monde travaille à 100%", s'était réjoui dans la nuit de samedi à dimanche le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce, Martin Riman.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine avait pour sa part promis samedi que le gaz serait rouvert "dès que le mécanisme de contrôle entrera en vigueur". Mais pour le moment, aucun responsable russe n'a publiquement évoqué la date de dimanche.

Une fois les vannes réouvertes, le gaz russe devrait mettre environ trois jours à parvenir jusqu'aux clients européens, ont averti les dirigeants de l'UE.

Plusieurs pays d'Europe centrale et balkanique, dépourvus de réserves, ont dû faire face cette semaine à de graves difficultés pour fournir de l'énergie aux habitants et à l'industrie. Des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées

sans chauffage
et des mécanismes d'urgence ont dû être mis en place, certains pays acceptant de vendre du gaz à leurs voisins.

Si l'Europe peut désormais espérer un retour rapide à une situation normale, pour Moscou et Kiev le fond du problème reste entier: les deux gouvernements continuent de se déchirer sur la question du tarif pour le gaz à payer en 2009 par l'Ukraine et sur le montant des arriérés de paiement de cette dernière.