Semaine noire à la Bourse de Paris

Jocelyn Jovène

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Si ce n'est pas la panique, ça y ressemble. Après un mois de septembre "noir", le début du mois d'octobre n'est guère plus réjouissant. Malgré la multiplication des plans de sauvetage des banques par les pouvoirs publics en Europe et aux Etats-Unis, et les mouvements de nationalisation de certains établissements, les investisseurs craignent le pire: que la récession de l'économie américaine ne se transforme en récession mondiale, avec à la clef le spectre d'une dépression majeure.

Cette panique généralisée, amplifiée depuis la chute de Lehman Brothers le 15 septembre dernier, provoque un mouvement de ventes massives d'actions et de fuite vers la qualité, en l'occurrence les bons du Trésor et l'or.

L'addition est salée

"Nous assistons à un mouvement de vente massif à l'échelle mondiale, dû à un mélange de panique et de peur, associé à une incertitude totale quant à l'avenir des grandes économies mondiales," explique Martin Slaney, qui dirige la division Produits dérivés de GFT, cité par l'agence Dow Jones.

En attendant de trouver une issue à la crise actuelle, les réunions au sommet s'enchaînent. Ce vendredi les ministres des finances des 7 pays les plus riches du monde au sujet de la crise financière, avant l'assemblée générale du Fonds monétaire international durant le week-end.

L'addition est néanmoins salée. Depuis le début de l'année, la capitalisation boursière de l'indice CAC 40 a fondu d'environ 630 milliards d'euros, soit davantage que le plan Paulson (516 milliards d'euros), destiné à sauver le système bancaire, mais auquel le marché ne croit plus depuis bien longtemps.