Des profits en berne attendus en 2009

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Guère brillant. En France, le bénéfice net cumulé des sociétés membres de l'indice CAC 40 devrait diminuer de 1,2% cette année et se situer à 87,9 milliards d'euros contre 89 milliards prévus en 2008. Ce montant se compare aux 97 milliards d'euros de profits enregistrés en 2007 – année record. Depuis, la récession économique touche de nombreux secteurs d'activité. Et depuis la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers en septembre dernier, rien ne va plus: les sources financement se tarissent, les restructurations se multiplient, les carnets de commandes s'évaporent.

Sur les 34 sociétés du CAC qui communiquent des objectifs financiers pour l'année 2008, 15 ont lancé un avertissement sur résultats. Ces derniers se sont multipliés lors des publications de chiffre d'affaires ou de résultats du troisième trimestre 2008, notamment dans les secteurs d'activités cycliques comme l'aérien, l'automobile, la technologie, les équipements électriques ou les produits de base (acier, ciment).

"La crise du crédit ["credit crunch"] a commencé à avoir un effet désastreux sur les profits des entreprises. Depuis septembre, les abaissements de prévisions se multiplient", observaient fin novembre les stratégistes d'Exane BNP Paribas.

Aux Etats-Unis, les résultats des entreprises du S&P 500 devraient reculer de 11% au cours du premier trimestre 2009, puis de 6,2% au cours du trimestre suivant, selon les estimations compilées par Bloomberg. Mais le marché table sur une inversion de tendance à partir du second semestre 2009, grâce au rebond des résultats dans le secteur financier. Au final, sur l'ensemble de l'année, les profits du S&P 500 augmenteraient de 4,3%.

"Le pic des résultats a été atteint en 2007, et en 2009, nous voyons une poursuite de la détérioration", estime Diane Garnick, stratégiste chez Schroders, cité par l'agence Bloomberg. Elle pense en outre que le consensus des analystes est "toujours bien trop optimiste", sentiment partagé par de nombreux gérants de portefeuilles.

"Les analystes et stratégistes cherchent toujours un point bas pour les résultats des entreprises, et il se pourrait qu'ils doivent attendre que l'année 2009 soit bien entamée pour le trouver", notaient en décembre les stratégistes de HSBC.

Du côté des directions d'entreprises, la prudence est encore plus grande. Dans un récent sondage réalisé par l'Association Française des Trésoriers d'Entreprise, 60% des trésoriers d'entreprises interrogés pensent que la crise se terminera en 2010, et 20% après 2010…

Compte tenu du décalage entre ce qu'attendent les analystes financiers et ce qu'anticipent les directions d'entreprises, le mouvement de révision des résultats semble loin d'être terminé. Il faudra attendre les publications de chiffre d'affaires ou de résultats pour l'année complète pour mieux mesurer quelle est l'ampleur des dégâts à attendre en 2009.