Renault et Peugeot devraient limiter la casse en 2009

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-0,7%. C'est la baisse des immatriculations de voitures en France sur l'année 2008. Un vrai soulagement pour les constructeurs français qui s'attendaient à pire. Sur l'ensemble de l'année 2008 Renault et Peugeot enregistrent même des hausses, de respectivement 3,5% et 1%.

Certes, le marché s'est encore effondré en décembre (-15,8%). Mais la base de comparaison avec décembre 2007 est trompeuse. L'instauration du malus au 1er janvier 2008 avait poussé les clients à anticiper l'achat de véhicules pour les immatriculer en 2007 et éviter le malus. Du coup, en décembre 2007, les immatriculations de voitures particulières avaient augmenté de 21,2%. A contrario, le bonus écologique a soutenu les ventes courant 2008, permettant de limiter la chute sur l'ensemble de l'année.

Si 2008 est sauvée, quid de 2009? Elle sera pire, sans aucun doute. Mais plusieurs scenarios émergent. "Nous pourrions assister à une année inversée, avec un premier semestre 2009 en baisse de 15% et une deuxième partie de l'année autour de -5%", note un analyste. Ou la situation pourrait être catastrophique avec des chutes de 12 à 13% tout au long de l'année. Mais cette dernière hypothèse n'est pas privilégiée.

Les observateurs s'attendent à un rebond d'ici à juin grâce à un niveau plus faible de l'inflation, et surtout à la "prime à la casse". Cette mesure prise par le gouvernement début décembre apporte une bouffée d'oxygène aux constructeurs français. Pour Renault, les commandes ont crû de 40% en décembre par rapport à novembre et pour Citroën de 30%. Toutefois, pour dynamiser leurs ventes, les constructeurs n'ont pas hésité à faire des efforts commerciaux exceptionnels, multipliant les initiatives comme la création d'une prime aux véhicules de plus de huit ans ou encore l'instauration d'une prime versée pour des occasions récentes. Des mesures commerciales d'accompagnement qui pourraient peser lourdement sur les marges des constructeurs. D'autant que ce sont les petites voitures qui sont les plus vendues tout en étant les moins rentables pour les constructeurs.

Toutefois, ces différentes primes des constructeurs et surtout la prime à la casse du gouvernement devraient continuer à soutenir le marché en 2009. Patrick Pelata, directeur général délégué de Renault, estime que "l'impact positif sur le marché français devrait être de l'ordre de 5 à 10% sur l'ensemble de l'année". Cette mesure n'empêchera pas la baisse attendue du marché français, mais au moins, elle limitera sa chute à -10% au lieu de -20%, le scénario redouté.

Bref, les constructeurs s'en sortent bien. Ils sauvent 2008 et bénéficient en plus d'aides de l'Etat. De quoi faire vaciller le bien fondé des mesures drastiques prises par Peugeot et Renault à la fin de l'année: arrêts de production, suppressions massives de postes et chômage technique.

Certes, ils souffrent sur d'autres marchés européens, comme l'Espagne ou la Grande-Bretagne, mais ils réalisent tout de même près de 30% de leurs ventes sur le territoire national. Luc Chatel, chargé d'une mission de réflexion pour trouver des solutions à la crise du secteur automobile, va tenir les Etats généraux de l'automobile le 20 janvier. De nouvelles mesures d'aides massives sont-elles bien dans les tuyaux alors que Luc Chatel, lui-même, reconnaît que "le marché s'est inversé et que la tendance est plutôt meilleure"? Il semblerait que non.