Économie

Le Livret A, un tigre dans le moteur des infrastructures

Apprécié des Français, cet instrument d'épargne permet de financer nombre de projets d'utilité collective.

Placement préféré des français, le Livret A est aussi un instrument de financement pour nombre de projets "d'intérêt général". C'est la Caisse des Dépôts (CDC) qui centralise dans son fonds d'épargne les sommes placées sur le Livret A, ainsi que d'autres produits comme le Livret de Développement Durable (LDD, ex-codevi). Elle octroie ensuite des prêts à des taux d'intérêts avantageux, en général indexés sur ceux des produits d'épargne, pour financer la construction de logements sociaux ou d'infrastructures.

Selon le dernier rapport annuel disponible de la CDC, le montant des contrats signés est passé de 5,5 à 7,3 milliards d'euros en 2007. Il a notamment permis de financer 60.650 logements sociaux, 8.200 places dans des structures d'hébergement (personnes âgées et jeunes en difficulté) ou encore 3.170 logements destinés à des étudiants. L'épargne populaire a également servis à financer plusieurs projets d'infrastructure de transport en commun et de grandes infrastructures de transport, dont la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône. L'encours de prêts (le stock) a atteint un volume considérable. A la fin 2007, l'encours global des prêts sur fonds d'épargne (hors intérêts courus non échus) atteignait 96,7 milliards d'euros, dont 88,2 milliards pour les projets liés à l'habitat et à la ville.

Les dépôts des épargnants sont la principale ressource sur laquelle sont assis ces prêts. L'encours global a progressé de 4,3% en 2007, à 195,1 milliards d'euros. Cette hausse doit beaucoup au Livret A, dont l'encours centralisé à la CDC a représenté 117,5 milliards (+4,4%). Contre cette ressource, la CDC a la charge de verser les intérêts versés aux épargnants, ainsi qu'une commission aux établissements bancaires qui organisent la collecte. Pour ce faire, elle dispose des intérêts liés aux prêts d'utilité publique et place les montants non prêtés sur les marchés financiers. Le portefeuille d'actifs financiers du fonds d'épargne de la CDC a ainsi représenté 119,8 milliards d'euros, dont 90% correspondent à des titres de taux (obligations, Bons du Trésor).

La réforme intervenue en début d'année sur la libéralisation de sa distribution n'a pas remis en cause cette mission de service publique. Des ajustements ont cependant eu lieu. Jusqu'au 1er janvier 2009, l'intégralité des sommes collectées par les réseaux bancaires historiques au titre du Livret A était centralisée par la Caisse des Dépôts (CDC). Depuis le début de l'année, le groupe ne centralise plus qu'environ 70% des nouveaux montants collectés, tandis que les commissions versées aux banques ont baissé de 1,2% à 0,6%.

La baisse de la rémunération du Livret A, de 4% à 2,5% au 1er février, pourrait en revanche réduire son attractivité auprès des épargnants, qui ne s'est pas démentie jusqu'à présent. L'encours a atteint 133,4 milliards d'euros à fin novembre 2008, ce qui a permis de financer près de 80.000 logements, selon les premières estimations.