L'UE ne veut pas se mêler du conflit gazier

E24 avec AFP

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L'Union européenne ne compte pas se mêler du conflit gazier opposant la Russie à l'Ukraine, ont fait savoir des porte-parole de l'UE, dimanche 4 janvier, en soulignant une fois de plus qu'il s'agissait d'un "problème bilatéral".

Réagissant à un appel du géant russe Gazprom adressé à l'UE pour que cette dernière surveille le transit de gaz russe à travers l'Ukraine vers l'Europe, le porte-parole de la Commission européenne Ferran Tarradellas a déclaré que si l'UE surveillait l'arrivée du gaz russe en Europe, il s'agissait néanmoins "en principe d'un problème entre la Russie et l'Ukraine". Les deux parties "doivent assurer que le gaz acheté par l'Europe arrive en Europe et c'est cela que nous surveillons", a-t-il ajouté. "C'est un problème bilatéral et c'est aux deux parties de le résoudre".

Un porte-parole de la présidence tchèque de l'UE a de son côté rappelé qu'il n'y avait pas de système indépendant pour mesurer les volumes de gaz transitant par l'Ukraine. Le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov, avait déclaré auparavant que les observateurs engagés par le groupe russe n'avaient pas accès aux systèmes de pression des stations de pompage ukrainiennes et qu'il avait adressé une lettre à la Commission européenne pour lui proposer de "surveiller le transit des volumes de gaz à travers l'Ukraine".

"Nous n'allons pas nous engager dans une médiation. La situation est extrêmement opaque et il y a des informations contradictoires sur la question des responsabilités", a déclaré le porte-parole de la présidence tchèque. Il faut "un système de mesure plus efficace non seulement à la frontière de l'UE mais surtout entre la Russie et l'Ukraine", a-t-il souligné.

Gazprom a accusé l'Ukraine d'avoir volé au cours des dernières 24 heures 25 millions de mètres cubes de gaz russe transitant par les réseaux ukrainiens et destinés à différents pays de l'UE. La Russie a interrompu jeudi l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, faute d'un accord bilatéral sur le prix des livraisons pour 2009 et sur des arriérés de paiement. La Pologne, la Roumanie et la Bulgarie ont déjà constaté une baisse de l'arrivée de gaz russe via l'Ukraine.