Finances publiques: dérapage amorcé en 2008

Thibaud Vadjoux

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Le déficit budgétaire pour l'année 2008 va être porté à 56,2 milliards d'euros, soit un dépassement de 14,5 milliards d'euros par rapport à la loi de finances initiale (LFI). Celui-ci va ainsi atteindre 3,2% du PIB alors que le gouvernement tablait sur un déficit stabilisé à 2,7% en 2008. "La dégradation du déficit budgétaire s’explique par le retournement brutal de la conjoncture au cours de l’année, qui pèse lourdement sur le niveau des recettes fiscales", explique le ministère des Finances dans un communiqué.

Les moins-values fiscales ont représenté 11,5 milliards d'euros sur toute l'année 2008. Le gouvernement a modifié à deux reprises, en cours d’année (en septembre et en fin d'année) les prévisions de recettes fiscales pour tenir compte de la dégradation observée de la conjoncture. Les recettes de la TVA et de l'impôt sur les sociétés ont accusé les plus fortes baisses de rentrées fiscales, car ce sont les plus sensibles à la conjoncture.

Sur le front des dépenses, le gouvernement affirme que leur progression a été contenue au niveau de l'inflation comme le souhaite le ministre des Finances. Les dépenses ont dépassé les prévisions du budget initial 2008 de 4 milliards. Mais comme l'inflation prévue à 1,6% s'est finalement établie à 2,8%, "la progression des dépenses demeure conforme à l’objectif de stabilisation en volume des dépenses".

L'impact des mesures de relance sur les finances de l'Etat ne se fera sentir que sur l'exercice 2009 essentiellement. En 2009, le déficit explosera à 4,4% du PIB, a indiqué, mardi 20 janvier, le ministre du Budget, Eric Woerth. Le retour à l'équilibre initialement prévu pour la fin du quinquennat, a déjà été repoussé à 2014 par le gouvernement. "Pour les années 2010 à 2012, le déficit serait impacté de la même manière qu'en 2009 par les prévisions de recettes", révisées en baisse en raison du ralentissement économique, "soit d'environ 9 milliards d'euros", a ajouté Eric Woerth. Le déficit public s'inscrira donc à 3,1 points de PIB en 2010, 2,3 points en 2011 et 1,5 point en 2012, a-t-il précisé.