Indymac attire les foules

Jocelyn Jovène

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La banque californienne Indymac, en faillite depuis juillet 2008 et placée sous la tutelle de la société de garantie des dépôts bancaires (FDIC), a été vendue vendredi 2 janvier dernier pour 13,9 milliards de dollars à un consortium d'investisseurs, fonds d'investissements, gérants alternatifs, fortunes privées, regroupés dans la société IMB Management Holdings et emmenés par la société Dune Capital Management LP de Steven Mnuchin.

Selon les termes de l'accord, la transaction prévoit la vente de la banque de détail basée à Pasadena, ses 33 succursales détenant 6,5 milliards de dollars de dépôts, un portefeuille de 16 milliards de dollars de prêts et de 6,9 milliards de dollars de titres, et un portefeuille d'hypothèques immobilières de 157,7 milliards de dollars.

Indymac sera recapitalisée à hauteur de 1,3 milliard de dollars par ses nouveaux actionnaires, dans le cadre de la transaction qui doit être finalisée au cours du premier trimestre 2009. L'opération coûtera entre 8,5 et 9,4 milliards de dollars à la FDIC, dont la mission est d'assurer la stabilité du système bancaire américain.

Elle illustre le vif intérêt des fonds d'investissement pour le secteur des services financiers alors que la crise du secteur ne semble pas encore totalement terminée. En septembre dernier, le fonds d'investissement TPG était candidat à la reprise de Washington Mutual, finalement repris par J.P.Morgan. Au Royaume-Uni, des fonds d'investissement, parmi lesquels Apollo et Blackstone, auraient récemment exprimé de l'intérêt pour un portefeuille de prêts supbrime de la banque Lehman Brothers.

Cette vente montre aussi que les autorités américaines sont prêtes à tout pour trouver une solution à la crise financière actuelle. Jusqu'ici, les fonds d'investissement n'avaient pas le droit de détenir plus de 24,9% du capital d'un banque sous peine de devoir changer de statut et passer sous la surveillance de la Réserve fédérale.

"Permettre à des hedge funds de détenir une banque est un signe de la gravité de la situation économique et du besoin de créativité pour remettre d'aplomb l'économie", observe Scott Talbott, responsable des affaires économiques au sein du Financial Services Roundtable, une association professionnelle, cité par l'agence Reuters.

L'intérêt d'une telle opération, très risquée, semble néanmoins bien réel, à voir le nombre de parties prenant part à la transaction. Derrière IMB se trouve une multitude d'investisseurs avisés, aussi baptisés "smart money" outre-Atlantique. On retrouve en effet le fonds de retournement J.C.Flowers, Dune Capital, le gérant alternatif Paulson & Co. Inc., un fonds contrôlé par Georges Soros, la société Stone Point Capital, un fonds contrôlé par Silar Advisors, ainsi que MSD Capital, un véhicule d'investissement de Michaël Dell, fondateur et président du constructeur information Dell Inc.