Grève reportée à Air France

E24 avec AFP

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Les huit syndicats de navigants d'Air France qui avaient appelé à la grève pour la semaine prochaine ont décidé samedi 1er novembre de reporter le mouvement à début décembre.

"Nous avons décidé d'un report du conflit aux dates des 5, 6, 7, 8 et 9 décembre", a expliqué à l'AFP Cyril Jouan (CFDT), précisant que "l'ensemble des syndicats (CFDT, CFTC, FO, SNPNC, Sud aérien, CGT, Unac et Unsa) ne sont pas satisfaits de l'amendement qui a été voté" au cours de la nuit de vendredi à samedi. "Pour eux, l'âge de la cessation d'activité à 65 ans ne leur convient toujours pas". "On est prêt à aller jusqu'à 60 ans", a-t-il précisé.

L'intersyndicale, rejointe par un petit syndicat de pilotes, Alter, avait déposé un préavis de grève du 4 au 8 novembre, pour protester contre un amendement qui autorise les pilotes, stewards et hôtesses de l'air à poursuivre leur activité en vol jusqu'à 65 ans, sur la base du volontariat.

L'Assemblée nationale a adopté cet amendement dans la nuit de vendredi à samedi, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009.

Les syndicats ont finalement décidé de "mettre la pression sur les sénateurs", qui doivent désormais se prononcer sur l'amendement, et sur la commission mixte paritaire Sénat-Assemblée nationale, qui va avoir lieu fin novembre-début décembre.

Tous les vols

La direction d'Air France a aussitôt annoncé à l'AFP que "suite à la décision de l'Intersyndicale", elle "assurera tout à fait normalement la totalité de ses vols du 4 au 8 novembre".

Pour Eyal Jonas (CGT), "maintenir l'âge de cessation d'activité à 65 ans ne nous convient absolument pas. Il ne faut oublier qu'on a une fonction de sécurité à bord, et on ne voit pas comment une personne de 65 ans pourrait exercer correctement sa fonction sécurité".

"D'autre part, notre métier a une réelle pénibilité. On est la deuxième profession après les dockers, en terme de fréquence d'accidents du travail", et "on veut des garanties sur la reconnaisance de la pénibilité des PNC", a précisé le syndicaliste.

Selon le texte voté par les députés, corrigé par le gouvernement, pilotes et hôtesses pourront demander, dès 55 ans, leur reclassement dans un emploi au sol. Si cela s'avère impossible, "il y aurait rupture du contrat de travail".