Nicolas Sarkozy remet en cause les cotisations patronales famille

E24 avec AFP

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Nicolas Sarkozy a chargé vendredi 13 février le député Yves Bur (UMP Bas-Rhin) d'une mission de réflexion "sans tabou" sur le financement de la politique familiale, estimant que "les cotisations patronales famille peuvent être pénalisantes pour la croissance et l'emploi". "30 milliards de cotisations patronales famille sont prélevées sur les salaires, ces cotisations peuvent être pénalisantes pour la croissance et l'emploi", a précisément affirmé le chef de l'Etat dans un discours prononcé à l'Elysée à l'occasion de la remise des médailles de la famille.

"Le président de la République touche aux fondamentaux de la politique familiale", qui "remontent au siècle dernier", a réagi Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), auprès de l'AFP. "On attendait des efforts qui pourraient permettre aux familles de répondre aux difficultés qu'elles connaissent dans cette période de crise, et le discours porte plutôt sur la remise en cause de la principale source de financement de la branche famille", a-t-il ajouté.

Les cotisations versées par les employeurs financent 44% de la Cnaf et des 123 caisses d'allocations familiales, qui constituent la branche famille du régime général de la Sécurité sociale. La CSG finance la branche famille à hauteur de 22%.

Dans son discours, Nicolas Sarkozy a aussi affirmé qu'il souhaitait "une réflexion sur l'évolution du congé parental", qui doit selon lui être "plus court" pour faciliter le retour au travail des mères de famille. Il préfère en effet "que l'on privilégie l'aménagement des horaires de travail et le temps partiel plutôt que l'arrêt total de l'activité".

Depuis la mise en place de la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant), il est possible de s'arrêter de travailler dès le premier enfant pendant six mois et à partir du 2ème enfant jusqu'à ses trois ans, tout en étant rémunéré (de 139,53 euros mensuels à 552,11 euros). En juillet 2006, justement pour éviter que les mères ne souffrent d'un long arrêt, il est possible de ne s'arrêter qu'un an à partir du troisième enfant, mais en étant mieux rémunéré (611,59 euros à 759,54 euros).