La patronne de Schaeffler demande l'aide de l'Etat allemand

E24 avec AFP

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La richissime patronne de l'équipementier automobile allemand Schaeffler a défendu dimanche 22 février sa demande de deniers publics pour financer le rachat de son concurrent Continental, ainsi que ses larmes, très médiatisées, versées lors d'une manifestation de ses employés. "Demander de l'argent à l'Etat est la dernière chose qu'un entrepreneur peut se souhaiter. Mais sa responsabilité envers l'entreprise et son personnel ne nous laisse pas d'autre choix", affirme Maria-Elisabeth Schaeffler dans l'édition dominicale de Bild.

Le groupe bavarois Schaeffler endetté à quelque 10 milliards d'euros, peine depuis à boucler le rachat de Continental, trois fois plus gros par le chiffre d'affaires mais tout aussi endetté, alors que la crise financière incite les banques à geler les crédits. Mais Berlin fait la sourde oreille à ses demandes de fonds publics pour financer cette opération qui doit donner naissance au deuxième équipementier automobile allemand derrière Bosch. Et la veuve du fondateur du groupe Georg Schaeffler, dont la fortune est légendaire, d'assurer que l'aide publique si elle est accordée ne sera "pas un cadeau", mais qu'elle sera remboursée "jusqu'au dernier centime".

Maria-Elisabeth Schaeffler revient aussi sur les larmes qu'elle a versées mercredi aux côtés de ses employés qui manifestaient pour défendre leur emploi à Herzogenaurach (sud), et qui ont fait la Une de nombreux journaux allemands. "Depuis plus de 40 ans, ma vie est liée le plus étroitement à l'entreprise et à mes employés, affirme-t-elle. Dans une situation aussi difficile, quand les gens font ainsi montre d'une telle solidarité, une larme peut bien couler. Il ne faut pas en avoir honte".