Société Générale dément de nouvelles pertes

J.J. avec AFP

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La Société Générale a démenti un article du quotidien Libération évoquant des pertes comprises entre 5 et 10 milliards d'euros liées à ses activités de gestion alternative. "En toute discrétion et bien caché dans les annexes de ses comptes, un autre fiasco de quelque 5 milliards d’euros est reconnu par la banque", après l'affaire Kerviel, qui avait déjà coûté 4,9 milliards de pertes en 2007, écrit le quotidien.

"Société Générale dément formellement les affirmations de Libération publiées ce jour", a réagi la banque dans un communiqué de presse. "Libération fait la confusion entre des pertes et le montant d'actifs transférés en 2008 des OPCVMs de SGAM [sa filiale de gestion d'actifs, NDLR] vers Société Générale", affirme la banque. Le montant des actifs transférés se monte à 11,2 milliards d'euros et "a fait par la suite l'objet d'une gestion active visant à réduire cette exposition", ajoute l'établissement.

Le quotidien affirme que "même si, jusqu’à aujourd’hui, la banque n’a enregistré que 1,2 milliard d’euros de pertes, la facture finale pourrait atteindre les 10 milliards". "Les pertes de SGAM au titre de l'exercice 2008 se sont élevées à 258 millions d'euros après impôt", et sont "sans aucun rapport avec ce que prétend" le journal, rétorque la banque.

Libération indique néanmoins avoir interrogé la banque, qui "ne dément aucun de ces faits édifiants", ajoutant que depuis, "elle s’est empressée de demander le départ de nouveaux responsables". Libération explique que cette "perte colossale" est le fait d'"un département tout entier de la filiale en charge de la gestion d’actifs", appelé SGAM Alternative Investments (AI). Ce département "a été laissé libre de spéculer" et a multiplié "par le passé les investissements hasardeux dans ce qu’on appelle des 'produits structurés'", des produits financiers complexes.

Si "à ce jour, personne n'est accusé d'un quelconque délit", les patrons de la Société générale, Daniel Bouton, le président, et Frédéric Oudéa, le directeur général, ont "donné des ordres pour faire le ménage" dans cette filiale, dont "les principaux responsables ont été poussés discrètement au départ ou sont sur le point de l’être". Profitant "de sa large indépendance" au sein de la banque, "deux personnes avaient la mainmise sur le département: Philippe Collas, un proche de Daniel Bouton, directeur général adjoint de la Société générale et patron de l’ensemble de la gestion d’actifs, ainsi que Philippe Brosse, le dirigeant opérationnel de Sgam AI", affirme Libération.

"L’entité SGAM va être démantelée et une partie vendue au Crédit agricole. Plusieurs centaines de personnes pourraient être licenciées lors d’un plan social qui sera lancé d’ici quelques mois", poursuit le journal. Fin janvier, le Crédit Agricole et la banque avaient annoncé la création d'une coentreprise dans la gestion d'actifs, détenue à 70% par la première et à 30% par la seconde.