Moody's dégrade Citigroup

E24 avec AFP

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Malgré son récent sauvetage par le gouvernement américain, Citigroup inquiète toujours. L'agence de notation Moody's a abaissé de deux crans jeudi 18 décembre la note de la banque américaine, craignant que celle-ci n'enregistre de nouvelles pertes trimestrielles en 2009 et 2010 en raison de la montée de ses provisions. La note de l'ancien numéro un mondial de la finance a été ramenée à "A2", contre "Aa3" jusque là, a indiqué Moody's dans un communiqué. "La possibilité existe que Citigroup puisse enregistrer de nouvelles pertes trimestrielles en 2009 et 2010, en raison de la nécessité de renforcer ses provisions pour créances douteuses, notamment sur son portefeuille de crédits hypothécaires résidentiels et ses encours de crédits par carte bancaire", a souligné Sean Jones, un des analystes de Moody's, cité dans le texte.

Faute de pouvoir mettre en réserve une partie de ses bénéfices et lesté par les importants dividendes à verser à ses actionnaires, le groupe risque de voir ses fonds propres décliner dans les deux années à venir, pronostique-t-il. Confrontée à la crise des subprimes, Citigroup a procédé à de nombreux ajustements, notamment d'importantes suppressions d'effectifs, et des cessions d'actifs sans que cela ne rassure pleinement les investisseurs. Après les contrecoups de la crise financière, ces derniers estiment que Citigroup devrait désormais subir les effets de la récession de l'économie américaine.

Moody's estime que le trimestre en cours devrait être difficile, la banque devant à la fois ajuster à la baisse la valeur de ses actifs pour tenir compte de la baisse des marchés et augmenter ses provisions à la suite de la dégradation de l'économie américaine. Ces deux facteurs "ne devraient pas être pleinement compensés par les plus-values sur la vente des opérations allemandes de banque de détail" au Crédit mutuel, pronostique l'agence. Elle relève certes que les fonds propres du groupe sont actuellement "très élevés", notamment du fait de l'injection de 45 milliards de dollars par l'Etat fédéral. Mais l'agence estime que l'apport de l'Etat, fait sous forme de titres hybrides, n'est pas aussi "permanent" qu'un apport en capital ordinaire.

Le soutien de l'Etat montre, selon l'agence, que Citigroup est considéré comme trop important pour être autorisée à faire faillite. L'agence relève que les défis qu'affronte la banque ne se résument pas à la dégradation de l'économie américaine. "Pour restaurer ses fonds propres de manière durable, Citigroup doit améliorer son efficacité opérationnelle, réduire la concentration de ses risques et retrouver un avantage concurrentiel sur un certain nombre de métiers qui ont souffert dans la crise récente".

Réagissant à l'annonce de Moody's, une porte-parole de la banque, Shannon Bell, a souligné que la banque restait concentrée dans l'exécution de sa stratégie et qu'elle avait déjà réduit la taille de son bilan de plus de 300 milliards de dollars. "Nous croyons que nous en verrons les résultats avec le temps," a ajouté Mme Bell dans un courriel à l'AFP. Dans les échanges électroniques suivant la fermeture de la Bourse de New York, le titre Citigroup était stable, après avoir baissé en séance de 5,11%, à 7,43 dollars.