GDF Suez toujours ambitieux

Jocelyn Jovène

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GDF Suez a vu son résultat net pro forma progresser de 13% l'an dernier pour sa première année d'existence, à 6,5 milliards d'euros, et prévoit une croissance de son excédent brut d'exploitation en 2009 malgré la détérioration de la conjoncture économique. L'augmentation de son bénéfice a été aidée par un gain comptable de 2,1 milliards d'euros, qui correspond aux différents mouvements du périmètre du groupe pour répondre aux exigences de la Commission européenne lors de la fusion.

Dans un communiqué de presse, Gérard Mestrallet, le PDG du groupe issu du rapprochement entre GDF et Suez, note que les objectifs industriels et financiers pour 2011 sont "ambitieux", mais que la crise économique actuelle ne remet pas en cause les perspectives de long terme de l'industrie. "Sur le court terme, [GDF Suez] se mobilise sur le plan d'amélioration de la performance, le niveau de liquidité et la sélectivité de son programme d'investissement", ajoute le dirigeant. En 2011, l'excédent brut d'exploitation du groupe se situera entre 17 et 18 milliards d'euros, ce qui représente une croissance annuelle moyenne comprise entre 7% et 9%.

"Cet objectif est sécurisé grâce à notre plan de réduction de coûts Efficio", a indiqué Gérard Mestrallet, au cours d'une réunion de présentation des résultats. En novembre dernier, GDF Suez a annoncé un plan d'économies de 1,8 milliard d'euros d'ici 2011. Sur 2009, le plan d'économies contribuera à hauteur de 650 millions d'euros à l'amélioration des résutlats, soit 150 millions de plus que le montant des synergies identifié lors de la fusion.

La croissance des résultats proviendra exclusivement de la croissance organique. "La priorité du groupe est la croissance organique et pas les fusions-acquisitions" a affirmé le PDG de GDF Suez. Le groupe n'a par exemple pas encore pris de décision sur sa participation à l'augmentation de capital de Gas Natural, dont les modalités ne sont pas encore connues. GDF Suez détient 8,8% du groupe espagnol. "Concernant les investissements de développement, nous restons dans notre enveloppe de 30 milliards d'euros. Nous avons pris de l'avance en 2008. Nous ferons un peu moins en 2009 et 2010", a ajouté le dirigeant.

Interrogé sur l'évolution du tarif régulé du gaz en France, qui sera appliquée au 1er avril, Jean-François Cirelli, le directeur général délégué de GDF Suez, n'a pas souhaité "compliquer notre négociation" en avançant un chiffre - le prix du gaz devrait baisser pour refléter la chute du prix du pétrole. "La baisse tarifaire devra prendre en compte l'ensemble des côuts matière et hors matière. Nous tenons à revenir à un mécanisme dans lequel on réintégre l'ensemble de nos coûts; c'est la loi", a-t-il déclaré. Jusqu'ici, seul l'évolution des coûts matières était prise en compte dans l'évolution du prix du gaz, a précisé le dirigeant.

L'an dernier, le chiffre d'affaires du groupe énergétique a progressé de 17% à 83,1 milliards d'euros. Son excédent brut d'exploitation - un indicateur clef de performance - s'est amélioré de 10,7% à 13,9 milliards d'euros. GDF Suez avait fixé un objectif de croissance de 10% de cet indicateur.

Les résultats de GDF Suez sont présentés sur une base pro forma et non auditée, la fusion entre GDF et Suez ayant été effective à la date du 22 juillet 2008. Sur une base historique, le chiffre d'affaires de GDF Suez en 2008 atteint 67,9 milliards d'euros, en hausse de 43%, et son résultat net part du groupe 4,9 milliards d'euros, contre 3,9 milliards d'euros en 2007, soit une progression de 23,7%.

L'endettement net du groupe est passé en un an de 17,2 milliards d'euros à 28,9 milliards d'euros, une hausse qui s'expilque par les lourds investissements consentis l'an dernier (11,8 milliards d'euros), les rachats d'actions et dividendes versés (6,8 milliards) et d'autres décaissements pour 1,4 milliard d'euros, non compensés par le cash généré par l'activité (8,3 milliards d'euros).

GDF Suez propose de verser à ses actionnaires - parmi lesquels figure l'Etat français avec 35,7% du capital - un dividende de 1,4 euro par action, en augmentation de 11% sur un an. Les actionnaires du groupe toucheront en prime un dividende exceptionnel de 0,8 euro. Le groupe a confirmé son objectif d'une progression de 10% de son dividende par action en 2009.