Le baril de pétrole dépasse les 50 dollars

E24 avec AFP

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Tensions géopolitiques au Proche-Orient, différend gazier et vague de froid sur l'Europe… Le prix du baril a bondi mardi 6 janvier. En fin d'échanges européens, il évoluait autour de 50 dollars. Vers 18h, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février valait 50,73 dollars, en hausse de 1,11 dollar par rapport à la clôture de lundi soir.

Le différend gazier opposant l'Ukraine et la Russie, un dossier suivi avec inquiétude par les opérateurs pétroliers depuis le début de l'année, a continué de s'envenimer, faisant repasser aux cours du pétrole la barre des 50 dollars en début d'échanges européens.

Au Proche-Orient, les combats entre les troupes israéliennes et le Hamas s'étendaient mardi aux zones urbaines surpeuplées de la bande de Gaza où le bilan des morts continue de s'alourdir. Israël rejetait toute trêve immédiate en dépit des appels internationaux à une cessation des hostilités. "Le conflit à Gaza n'est pas une menace aux approvisionnements directs et immédiats de pétrole, mais comme le désastre humanitaire menace de s'aggraver, cela pourrait avoir un impact indirect sur l'offre de pétrole", a commenté Olivier Jakob, du cabinet suisse Petromatrix.

"Il va être de plus en plus difficile aux dirigeants arabes d'expliquer à leurs populations qu'ils doivent maintenir les cours du brut à des niveaux bas pour soutenir les consommateurs occidentaux, alors même que les nations occidentales ne se joignent pas à leurs appels en faveur d'un cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

"Les tensions géopolitiques devraient continuer à soutenir les prix à court terme", estimait ainsi Nimit Khamar, analyste de la maison de courtage Sucden. D'autant plus que le respect de leurs nouveaux quotas par les pays membres de l'Opep semble "positif" et que cela "devrait contribuer à rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande". "Reste à voir si les réductions de production sont suffisamment importantes pour correspondre à la baisse de la demande attendue en 2009", soulignait toutefois l'analyste.

S'ajoutant à ces facteurs haussiers, une vague de froid touchant l'Europe depuis quelques jours stimule la consommation d'énergie. Lundi soir puis mardi soir, la France a connu deux records historiques de consommation électrique.

En l'espace de 10 jours, les prix du pétrole ont ainsi regagné 30% de leur valeur: lundi 30 décembre, les échanges avaient commencé à 39,78 dollars à Londres, 38,85 dollars à New York. Après des mois de chute libre des prix, jusqu'à près de 32 dollars à New York, une tendance haussière semble ainsi se dessiner depuis le début de l'année.