Fortis trouve que l'Etat néerlandais l'a vendue au rabais

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Au rabais. Le directeur général de la holding Fortis Karel de Boeck a estimé que l'Etat néerlandais a payé "trop peu" pour le rachat des activités aux Pays-Bas du bancassureur belgo-néerlandais Fortis, mercredi dans un quotidien néerlandais. "Je pense que Fortis a reçu trop peu pour les activités aux Pays-Bas", a déclaré M. de Boeck, dans un entretien au quotidien des affaires Het Financieele Dagblad.

"Les Pays-Bas ont payé 16,8 milliards d'euros pour les activités aux Pays-Bas", a-t-il rappelé en soulignant que "la banque Fortis aux Pays-Bas enregistrait chaque année un milliard d'euros de bénéfices nets. Et ABN Amro aux Pays-Bas rapportait, dans une année normale, 1,2 milliard d'euros". La partie assurances de Fortis vaut 7 milliards d'euros selon Karel de Boeck. Les Pays-Bas ont payé "moins de 10 milliards d'euros pour une banque qui normalement fait 2,2 milliards de bénéfices, indépendamment des gains éventuels de l'intégration de Fortis et ABN Amro", a-t-il poursuivi. "Je trouve que c'est de la radinerie néerlandaise".

Selon le directeur général de la holding Fortis, "c'est moins le cas en Belgique". "Les Belges ont mis plus de 50 milliards dans la banque. Et ce que BNP Paribas a payé pour les assurances belges est un prix raisonnable, même si je suis prêt à tenter d'en tirer une amélioration". Le groupe Fortis avait été démantelé en octobre 2008.

Les actionnaires belges
ont obtenu en référé mi-décembre de pouvoir se prononcer sur la vente par appartements du groupe au français BNP Paribas. Ils voteront
en assemblée générale
le 11 février. En attendant, la prise de contrôle par BNP des activités belges de banque et d'assurance a été gelée.