Fortes attentes sur l'encadrement de la publicité des crédits

T.V avec AFP

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Les associations de consommateurs restent sur leurs gardes quant au projet de loi sur le crédit à la consommation qui sera présenté lundi 16 mars par Christine Lagarde. Dans les grandes lignes, le projet est une avancée mais dans sa mise en oeuvre, "cela reste trop flou et insuffisant", considère Serge Maître, président de l'Association française des usagers de banque (Afub).

Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, a dénoncé "l'indigence" de la proposition, une "réformette" visant à rendre obligatoire la mention "un crédit vous engage et doit être remboursé" sur les documents promotionnels. Pour l'UFC-Que Choisir, le problème vient de l'offre de crédit des banques. Les consommateurs se tournent vers des crédits renouvelables (crédit révolving), à des taux compris entre 13 et 20%, proposés dans la plupart des grandes surfaces et grands magasins. La présidente de l'association CLCV, Reine-Claude Mader, reste aussi prudente sur ce projet de loi. "La publicité sur le crédit, on en parle depuis 1978 et on en est toujours au même point", a-t-elle remarqué, appelant de ses voeux la mise en place de sanctions à l'encontre des professionnels qui ne respecteraient pas la loi.

Du côté des professionnels, les dispositions du projet sont accueillies favorablement. Dans un communiqué diffusé dimanche, la Fédération bancaire française (FBF) considère que le projet de loi "renforce la responsabilité partagée du prêteur et de l'emprunteur". "Toutefois, il convient d'être très attentif à ce que des règles mal adaptées ne viennent freiner encore davantage le recours à un produit qui reste l'un des moteurs de la consommation et qui est utilisé par de très nombreux ménages français", ajoute-t-elle. Le nombre de crédits octroyés en 2008 a baissé de 4,1 % en liaison avec un environnement plus difficile, selon la fédération bancaire.