Le futur statut de la Poste au Parlement avant l'été

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Nicolas Sarkozy l'avait annoncé la veille lors d'un déplacement dans les Vosges, l'Elysée a précisé le calendrier: le projet de loi transformant la Poste d'un établissement public en une société anonyme à capitaux publics sera présenté au Parlement avant l'été 2009. Une annonce faite à l'issue d'une réunion entre Nicolas Sarkozy, le président de la Poste, des élus et les syndicats. Conformément aux recommandations de la commission Ailleret, chargée de plancher sur l'avenir de l'entreprise, l'Etat procédera à cette occasion à une augmentation de capital de 2,7 milliards d'euros, souscrite à hauteur de 1,5 milliard par la Caisse des dépôts (CDC) et 1,2 milliard par l'Etat, a ajouté la présidence dans un communiqué.

Lors de cette réunion, le chef de l'Etat a également "affirmé le principe du maintien intégral des quatre missions de service public" de la Poste (service universel, aménagement du territoire, accessibilité bancaire et distribution de la presse) définies dans les textes en vigueur. Ces missions seront "confortées par la loi et dotées d'un financement pérenne et transparent" et les "droits et statuts des postiers seront intégralement préservés", a indiqué l'Elysée.

Selon la présidence, les dispositions réformant le statut de la Poste seront incluses dans le projet de loi qui doit transposer la directive européenne d'ouverture à la concurrence du marché postal "avant l'été 2009". Lors de cette réunion, Nicolas Sarkozy a assuré aux représentants des organisations syndicales de l'entreprise que l'ouverture de son capital serait réservée à des acteurs publics.

De son côté, le président de la commission François Ailleret, également présent à l'Elysée, a indiqué à l'AFP que le président avait demandé aux responsables de La Poste "d'examiner la possibilité d'avoir un actionnariat salarié, si les collaborateurs de la Poste y trouvent intérêt". "Le président a été très clair: la Poste restera sous le contrôle de l'Etat. Le changement de son statut en société anonyme a pour seule vocation de mettre la Poste sur un pied d'égalité avec ses concurrents lors de l'ouverture du marché en 2012", a pour sa part déclaré à l'AFP le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel, qui participait à la réunion.

Les représentants syndicaux, eux, ont redit au chef de l'Etat leur opposition au changement de statut de la Poste, qu'ils qualifient de "privatisation rampante". "Le président botte en touche quand on lui demande si le principe des capitaux à 100% publics serait inscrit dans la loi", a déploré le délégué Sud Régis Blanchot au terme de la réunion. "Il a dit que ce sera au Parlement de décider. C'est bien ce qu'on présageait, ce n'est qu'une étape", a-t-il dit. La représentante de la CGT n'a pour sa part participé à la réunion que le temps de remettre à Nicolas Sarkozy une "lettre ouverte" dénonçant "la privatisation et le démantèlement du service public postal". "On n'admet pas qu'il ait pu dire avant de nous recevoir, dans les Vosges hier (jeudi), qu'il avait décidé de changer le statut de l'entreprise et d'ouvrir le capital, même si c'est avec des capitaux publics", a déclaré à la presse Colette Duynslaeger avant le début de la réunion.