L'UE appuie la création d'une banque de combustibles nucléaires

E24 avec AFP

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L'Union européenne souhaite la création d'une banque de combustibles nucléaires "avant la prochaine conférence de révision du Traité de non prolifération nucléaire (TNP)" en 2010, a indiqué mardi le diplomate en chef de l'UE Javier Solana. "Nous voulons que cette banque" qui mettra les combustibles destinés à l'usage civil de l'énergie atomique à la disposition de tous les pays "soit créée très bientôt" et "dans tous les cas, avant" la réunion sur le TNP prévue "au printemps 2010", a déclaré M. Solana lors d'une conférence sur le désarmement nucléaire.

Sous le contrôle de l'AIEA

En concrétisant un projet discuté depuis des années, "la création d'une banque de combustibles influencerait positivement le climat général de la conférence de révision du TNP", a estimé le responsable européen. Ce traité, signé en 1968 et entré en vigueur en 1970, a été fragilisé notamment par les contentieux autour des programmes nucléaires nord-coréen et iranien.

M. Solana revenait ainsi sur la décision prise la veille par l'UE "d'apporter son soutien à la création" d'une telle banque "placée sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique" (AIEA).

25 millions pour financer cette banque

Lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des 27 ont également alloué 25 millions d'euros au financement de cette banque "dès que les conditions et modalités" de sa création "auront été approuvées" par le Conseil des gouverneurs de l'AIEA.

Le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei a salué mardi le geste de l'UE, rappelant qu'il était lui-même partisan de cette banque qui représenterait "la première étape vers la multilatéralisation du cycle du combustible nucléaire", contrôlé aujourd'hui par quelques pays. Selon M. ElBaradei, la banque "garantirait la livraison de combustible nucléaire et l'entretien des réacteurs aux Etats de bonne foi et les protégerait de toute interruption pour des motifs politiques de ces livraisons tout en minimisant le risque de prolifération nucléaire" militaire.

Le directeur général s'est félicité qu'outre l'UE, la Norvège, les Emirats arabes unis et les Etats-Unis aient déjà fait des propositions à ce sujet, créant "une dynamique en faveur d'un cadre plus équitable pour l'énergie nucléaire".