Natixis taille dans ses effectifs pour réduire ses coûts

E24 avec AFP

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Natixis taille dans le vif et veut prendre moins de risque, c'est ce qu'annonce son directeur général, Dominique Ferrero, dans un entretien au Figaro publié ce mardi 9 décembre.

"Nous allons présenter au conseil de surveillance un plan de transformation radicale qui prévoit l'interruption et l'extinction de toutes nos activités de marchés portant sur des produits complexes", déclare Dominique Ferrero.

"Nous voulons sortir des métiers risqués comme les dérivés exotiques, le trading pour compte propre, les activités d'arbitrage (...) qui pourraient rester pour Natixis des foyers permanents de risques", ajoute-t-il.

Suppressions d'emplois

Pour atteindre un objectif de réduction des coûts entre 8% et 10% d'ici 2010, Natixis va réduire d'environ 15% les effectifs dans ses activités de banque de finance et d'investissement. Natixis va donc supprimer 450 emplois supplémentaires dans le monde qui viennent s'ajouter aux 850 suppressions d'emplois déjà annoncées en mai, a indiqué mardi à l'AFP une porte-parole du groupe.

Ces suppressions d'emplois ne concernent que l'activité de banque de financement et d'investissement (BFI), qui représentait 42% des revenus du groupe en 2007, a précisé la porte-parole, qui n'était pas en mesure de donner le détail par pays.

"M. Ferrero a réuni le 3 décembre le comité de groupe pour ne rien annoncer. Nous l'apprenons par la presse, c'est une provocation de plus", a déclaré à l'AFP Jean-Marc Plantier, un porte-parole de la CGT, en référence à l'entretien paru mardi dans Le Figaro.

Affectée par la crise

Idem pour les projets de développement géographique. Natixis se recentre sur l'Europe. "Les ambitions internationales de Natixis (...) sont de facto ajournées", précise M. Ferrero, les activités de marché en Asie seront réduites "drastiquement". La présence du groupe aux Etats-Unis va être revue en baisse et la banque renonce à ses projets d'implantation en Inde et en Corée.

La banque française, co-contrôlée par les groupes mutualistes Banque populaire et Caisse d'Epargne, est l'une des plus affectées par la crise immobilière et financière venue des Etats-Unis. va se désengager totalement des activités de marchés à risque, annonce son directeur général. Au troisième trimestre 2008, elle a enregistré une perte nette de 234 millions d'euros.