Bank of America renonce à ses primes de fin d'année

E24 avec AFP

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Pas de primes pour les dirigeants de Bank of America. Kenneth Lewis, le PDG, a recommandé que ni lui, ni les hauts dirigeants du groupe bancaire américain ne reçoivent de primes au titre de l'exercice 2008, alors qu'il s'attend à des résultats inférieurs aux attentes du marché. D'autres employés de la banque devraient recevoir des bonus moins élevés. Kenneth Lewis s'exprimait dans une note interne, partiellement reproduite par le quotidien Charlotte Observer, basé à Charlotte, la ville de Caroline du nord où Bank of America a son siège.

"Cela a été une décision difficile parce que nous avons travaillé dur et fait des progrès sur de nombreux projets qui vont créer de la valeur pour notre société dans les années à venir", a écrit Kenneth Lewis dans ce courrier électronique, en faisant référence aux acquisitions successives de LaSalle Bank, de Countrywide Financial et de Merrill Lynch –négocié en pleine crise financière, ce rachat s'accompagne de la suppression de 30.000 à 35.000 postes par an. Mais "il est équitable que nos responsables les plus expérimentés, qui ont été récompensés dans les années passées quand notre société et notre titre boursier faisaient de bonnes performances, doivent maintenant partager la potion amère quand elles sont en retrait", a ajouté Kenneth Lewis. En effet, entre janvier 2007 et janvier 2008, le cours de Merrill Lynch s'est enfin effondré de plus de 78%.

Kenneth Lewis n'est pas le premier dirigeant du secteur à s'exprimer en ce sens face aux milliards de dollars perdus dans la crise financière et sous la pression des autorités et des actionnaires. Selon la presse, Chase Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan, a renoncé à demander une prime annuelle. C'est aussi le cas de Lloyd Blankfein de Goldman Sachs, de John Mack de Morgan Stanley, de Robert Steel de Wachovia, de John Thain de Merrill Lynch ainsi que de Win Bishoff et Vikram Pandit, président et directeur général de Citigroup.