Dacia envisage 2.000 à 3.000 licenciements

E24 avec AFP

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Dacia craint des lendemains moroses. Le constructeur automobile roumain, filiale du groupe groupe Renault, pourrait licencier 3 à 4000 employés de la production si le marché des ventes ne s'est pas amélioré d'ici au printemps, a déclaré lundi son directeur général François Fourmont. "On continue pendant les trois premiers mois à gérer les jours chômés et le non renouvellement des contrats à durée déterminée en espérant un redémarrage mais si ce n'est pas le cas, on supprimera une des trois équipes de production", a précisé le directeur général.

Il a rappelé que, après un mois d'arrêt, la production avait repris la veille "à une cadence réduite de 1.360 véhicules/jour à 1.085 soit une baisse d'environ 30%". Et pas pour longtemps: les chaînes ne fonctionneront que deux semaines en janvier puisqu'une nouvelle interruption est prévue à partir du 26. "Tout cela aura forcément un impact sur nos fournisseurs qui devront probablement prendre les mêmes mesures", a poursuivi François Fourmont, estimant qu'un total 12 à 15.000 licenciements étaient possibles.

Selon le directeur général, les commandes sont bien en-deçà des prévisions. La moyenne s'élève à 50 véhicules vendus par jour contre 200 espérées. Dacia a enregistré en 2008 des ventes s'élevant à 84.719 véhicules, en baisse de 16,7% par rapport à l'année précédente. Sur le marché local, les ventes ont même chuté de 54,9% en décembre par rapport à la même période de 2007. Une baisse expliquée par la crise financière mais aussi par "l'invasion des véhicules d'occasion importés", dont près de 301.000 ont été immatriculés en 2008.

Les déclarations pessimistes de François Fourmont interviennent quelques heures après un rassemblement de quelque 2.000 salariés de Dacia à Mioveni. Les employés appelaient le gouvernement à maintenir une taxe controversée sur les voitures d'occasion importées et à définir un plan de sauvegarde de l'industrie automobile roumaine.