Les salaires de GM pourraient bientôt être dans le collimateur de Barack Obama

Anne-Sophie Galliano

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Barack Obama veut imposer un salaire de 500.000 dollars maximum (bonus et stocks options, compris) pour les dirigeants américains qui ont bénéficié d'une aide de l'Etat. Avec le scandale qu'a provoqué les primes versées par AIG, recapitalisé à hauteur de plus de 150 milliards de dollars par le Trésor américain, le président ne lance pas une menace en l'air. Ford, qui n'a pourtant pas reçu d'aides, a communiqué dès aujourd'hui sur son intention de ne verser aucune prime, ni accorder d'augmentation de salaires à ses dirigeants cette année.

Qu'en est-il de General Motors (GM), qui, lui, a reçu 9,4 milliards de dollars d'aides étatiques pour éviter la faillite? Richard Wagoner, PDG de GM, s'était engagé à ne toucher qu'un dollar de salaire lorsqu'il négociait une aide à Washington. Une promesse qu'il va respecter, selon le rapport du 5 mars 2009, il ne touche qu'un dollar par mois depuis le 1er janvier 2009.

Mais ce n'est pas le cas de tous les hauts dirigeants du constructeur. Depuis le 1er janvier 2009, Frederick Henderson, président et directeur opérationnel du groupe, touche 105.000 dollars par mois. Rapporté sur 12 mois, son salaire est donc de 1,26 millions de dollars. Bien au-delà des 500.000 dollars que voudrait imposer le président américain.

Moins importante mais toujours au-delà des conditions de Barack Obama, la rémunération de Robert Osborne, vice-président et general counsel de GM, atteint 70.833,32 dollars par mois, soit près de 850.000 dollars sur l'année.

Si Obama arrive à faire voter sa loi, General Motors va certainement revoir les prétentions de ses dirigeants à la baisse. Surtout que le constructeur demande actuellement 16,6 milliards de dollars au gouvernement pour repousser le spectre de la faillite.