15 milliards de dollars de prêts pour l'automobile américaine

E24 avec AFP

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La décision était attendue et préssentie depuis plusieurs jours. Le Congrès américain et la Maison Blanche ont indiqué être parvenus, dans la nuit de mardi à mercredi, à un accord de principe sur un plan de 15 milliards de dollars de prêts-relais aux constructeurs automobiles américains. Ce plan pourrait être soumis au vote dès mercredi. Un montant bien en-deçà des 34 milliards de dollars que réclamaient les trois constructeurs en difficulté, General Motors, Ford et Chrysler.

Carl Levin, le sénateur démocrate du Michigan (nord), fief du secteur automobile, a indiqué, dans un communiqué, comprendre que "un accord a été trouvé" et que ce n'était qu'une question de temps avant qu'une loi soit prête.

"Accord cohérent"

Après plusieurs heures de négociations, la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, avait indiqué de son côté mardi soir que "d'importants progrès avaient été réalisés sur une loi qui protégera le contribuable et garantira un financement à court terme uniquement aux sociétés préparées aux importantes restructurations nécessaires pour devenir viables et compétitives".

"Nous pensons que nous avons atteint un accord cohérent avec les objectifs et les principes du président", surtout un retour à la profitabilité des entreprises, a affirmé un officiel de la Maison Blanche, cité anonymement par le Wall Street Journal (WSJ).

General Motors (GM) et Chrysler, en pleine déconfiture, sont éligibles pour les prêts-relais prévus par le projet élaboré ce week-end par les démocrates. Ford, également éligible pour ce plan, avait fait savoir lundi soir qu'il n'avait pas de problèmes de liquidités dans l'immédiat

Plan complet de restructuration

Ce projet de "Loi sur le financement et la restructuration de l'industrie automobile" oblige les constructeurs à soumettre d'ici au 31 mars un plan complet de restructuration prévoyant une viabilité à long terme, comprenant des réductions de coûts et des renégociations de leur dette. Le projet prévoit la nomination d'un administrateur et de plusieurs conseillers chargés de superviser l'attribution des prêts relais. L'administrateur, surnommé par la presse "tsar de l'automobile", sera désigné par le président Bush.Les constructeurs seront soumis à des "évaluations" de la part de l'administrateur.

Prêt pendant 7 ans

La durée des prêts est de sept ans, leur taux est de 5% pendant les cinq premières années, puis 9% au-delà. Le plan prévoit aussi que les entreprise revendent leurs jets privés et limitent les rémunérations de leurs dirigeants, à l'instar du plan de sauvetage des banques américaines.

Le texte prévoit aussi un "devoir d'informer" pour les constructeurs, qui doivent rapporter toute vente d'actif ou investissement. Ils doivent signaler toute transaction supérieure à 25 millions de dollars. Des désaccords persistent entre la majorité démocrate et la Maison Blanche, qui s'oppose notamment à ce que les constructeurs renoncent à intenter des actions contre les Etats américains qui durciraient les normes de pollution des véhicules.

Opposition

Un haut responsable du gouvernement a indiqué que la Maison Blanche voulait avant tout s'assurer que les constructeurs prouvent leur viabilité, pour que les contribuables ne soient pas de nouveau sollicités pour de nouvelles aides dans les mois qui viennent.

Une bonne partie des républicains du Congrès, ainsi que du Sénat, sont opposés à ce plan d'aide, et le Sénateur républicain John Ensign a menacé d'utiliser des techniques de procédures pour retarder tout vote avant la semaine prochaine.

Ce plan vise à soutenir les constructeurs jusqu'à mars, ce qui permettra au président élu Barack Obama de prendre en main le dossier après sa prise de fonction le 20 janvier. Les constructeurs auto avaient initialement réclamé 34 milliards d'aides pour éviter l'effondrement.