La Bourse retrouve le vert et attend un geste de la BCE

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Les marchés boursiers ont repris des couleurs mardi 2 décembre, après la forte baisse de la veille tandis que les appels se poursuivaient pour une baisse sensible des taux de la Banque centrale européenne, afin de soutenir l'économie de la zone euro en récession. La Bourse de Paris a terminé sur une hausse de 2,25% à 3.152,90 points points. Londres a terminé en hausse, l'indice vedette Footsie-100 gagnant 57,37 points, soit 1,41%. C'est le DAX à Francfort qui réalise la plus belle hausse, avec une progression de 3,12% à 4.531,79 points.

Les Bourses ont été encouragées dans leur remontée par la Bourse américaine de Wall Street dont l'indice Dow Jones a ouvert en hausse de 0,71%.

Accusant le coup des fortes baisses de la veille à New York et en Europe, les Bourses asiatiques avaient fermé leurs portes sur des pertes importantes, notamment Tokyo et Hong Kong qui plongeaient l'une de plus de 6% et l'autre de presque 5%.

Sur les marchés des changes l'euro remontait face au dollar. A 14h00 GMT la monnaie unique européenne remontait à 1,2679 dollar contre 1,2607 lundi soir.

Sur le marché du pétrole, les prix remontaient timidement à l'ouverture des échanges à New York, après être tombés à leur plus bas niveau depuis plus de trois ans, dans un marché déprimé devant la détérioration de l'économie mondiale.

Vers 14H10 GMT, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en janvier s'échangeait à 49,36 dollars, en hausse de 8 petits cents par rapport à son cours de clôture de lundi.

Des baisses de taux vigoureuses sont attendues de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre (BoE), jeudi, tant par les marchés que par certains gouvernements.

La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a ainsi appelé le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, à faire "encore un petit effort" pour baisser son taux directeur.

La BCE réunit son conseil des gouverneurs jeudi 4 décembre et a fait savoir qu'elle devrait baisser son taux directeur, actuellement fixé à 3,25%, pour faire face à la récession qui frappe la zone euro.

Les économistes pensent que ce taux pourrait baisser de 0,50 ou 0,75 point.

Scepticisme

A l'inverse, aux Etats-Unis, le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke avait estimé lundi qu'une nouvelle baisse des taux était certes possible, mais qu'une telle mesure touchait à ses limites et que la Fed risquait de devoir encore innover pour soutenir l'économie.

De son côté, la Banque du Japon (BoJ), dans l'impossibilité de baisser son taux directeur, déjà proche de zéro, a adopté mardi 2 décembre de nouvelles mesures pour aider les entreprises en difficulté à emprunter aux banques, tandis que la banque centrale australienne a décidé une baisse d'un point de pourcentage à 4,25%.

Les tensions déflationnistes, qui encouragent à un assouplissement monétaire, se faisaient encore sentir mardi avec un nouveau repli des prix à la production en octobre, qui ont reculé de 0,8% par rapport à septembre dans la zone euro.

Lundi le Bureau national de la recherche économique (NBER), organisme officiel américain, avait annoncé que la récession économique avait commencé aux Etats-Unis en décembre 2007 et se poursuivait toujours, confirmant ce que la plupart des économistes pensaient déjà depuis longtemps.

La nouvelle, assortie d'une rafale d'autres indicateurs économiques exécrables aux Etats-Unis et en Europe, avait fait replonger les Bourses.

Les mauvaises nouvelles ont continué mardi avec l'annonce d'une hausse du taux de chômage en Espagne en novembre. Le nombre de demandeurs d'emploi, qui a bondi de 42,7% sur un an, frôle désormais les trois millions dans ce pays, au bord de la récession après avoir été une des économies les plus dynamiques l'Europe ces dernières années.

Les pays de la zone euro avaient pris leurs distances lundi soir avec l'objectif fixé la semaine dernière par Bruxelles d'un plan de relance de 200 milliards d'euros face à la récession, certains gouvernements se demandant si la barre n'avait pas été fixée un peu haut.

Mardi les ministres des Finances des 27 ont prudemment soutenu l'objectif du plan de relance sans s'engager toutefois de manière contraignante en raison de réserves de plusieurs pays.

Par ailleurs la Commission s'est dite disposée à faciliter l'octroi d'aides publiques aux banques en bonne santé pour pouvoir prêter davantage face à la récession, acceptant ainsi d'assouplir ses règles après les critiques de plusieurs gouvernements sur sa rigidité.

Dans le secteur automobile, le constructeur américain Ford a présenté mardi au Congrès un plan de restructuration afin d'obtenir un crédit relais de 9 milliards de dollars, incluant un salaire annuel d'un dollar pour son PDG et de nouvelles concessions syndicales.