Le Congrès américain se penche sur l'aide aux constructeurs automobiles

E24 avec AFP

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Le Congrès américain examinera cette semaine un projet de loi accordant un prêt de 15 milliards de dollars d'argent public aux constructeurs automobiles de Detroit (Michigan, nord), assorti toutefois de strictes conditions de restructuration.

Le texte d'une trentaine de pages a été élaboré au cours de discussions ce week-end entre les Démocrates du Congrès, les Républicains et la Maison Blanche. Il vise à aider General Motors (GM) et Chrysler à faire face aux prochaines échéances à "court terme", c'est-à-dire d'ici au 31 mars.

Les constructeurs de Detroit réclament à eux trois une aide de 34 milliards de dollars mais Ford, le moins touché des trois, demande une ligne de crédit de neuf milliards qu'elle espère ne pas avoir à utiliser. Le constructeur a indiqué lundi 8 décembre ne pas avoir de problème de liquidités à court terme et donc ne pas chercher "de prêt relais à court terme". "Mais Ford soutient pleinement l'effort pour régler les problèmes de liquidité à court terme de GM et Chrysler, notre secteur étant fortement interdépendant et la faillite d'un de nos concurrents pouvant nous affecter tous", a poursuivi le groupe.

Viabilité à long terme

De son côté, la Maison Blanche a indiqué lundi examiner une proposition de loi pour venir en aide aux constructeurs, sans faire état d'un accord avec le Congrès mais en soulignant que les "trois" de Detroit devaient donner l'assurance de leur viabilité à long terme. La Maison Blanche a signifié qu'elle et le Congrès n'étaient pas d'accord sur les termes selon lesquels les constructeurs garantiraient leur viabilité.

D'ici au 31 mars, ils devront prouver qu'ils peuvent produire "des véhicules qui se vendent", a indiqué à la presse Barney Frank, le président de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, qui a participé à l'élaboration du texte.

Attention

S'ils n'atteignent pas les objectifs qui leur sont fixés d'ici cette date, "il n'est pas question de dépenser plus d'argent du contribuable en prêt ou sous toute autre forme", a averti la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, devant la presse.

La "Loi sur le financement et la restructuration de l'industrie automobile" adressée le 8 décembre à la Maison Blanche devrait être soumise au vote dans le courant de la semaine. Le plan doit déboucher sur "une industrie automobile nationale viable et compétitive, qui limite son impact sur l'environnement".

Déblocage rapide

Le projet prévoit la nomination d'un ou plusieurs administrateurs chargés de superviser le secteur, et notamment l'attribution des prêts relais aux groupes qui en ont fait la demande avant le 2 décembre.

Si le texte est adopté, les constructeurs pourraient commencer à recevoir l'argent dès la semaine prochaine.

Pas plus de 15 milliards

Les Démocrates voulaient initialement puiser dans les fonds du plan de recapitalisation des banques de 700 milliards de dollars voté en octobre, mais devant l'opposition des Républicains et de la Maison Blanche, ils ont changé leur fusil d'épaule, acceptant de prélever dans les 25 milliards votés en septembre pour l'automobile.

"15 milliards, c'est le maximum que nous pouvons tirer" de ce plan destiné à aider les constructeurs à se recentrer sur des véhicules plus économes en énergie, a expliqué Barney Frank.

Prêts remboursables

"Il s'agit d'un prêt et nous avons tout fait pour qu'il soit remboursé", a également assuré Barney Frank. Nancy Pelosi avait fait du remboursement une condition du retrait de son opposition à l'utilisation de ce fonds.

Parallèlement au consensus demandant des conditions strictes, la pression monte à Washington pour un remplacement des dirigeants des "Big Three", présentés comme responsables des difficultés actuelles. Le président démocrate de la Commission bancaire du Sénat, Chris Dodd, s'est prononcé dimanche pour le départ de Rick Wagoner, le PDG de GM. Nancy Pelosi et la Maison Blanche se sont gardés de faire des commentaires sur cette question.

"Nous nous plierons aux conditions stipulées dans le texte et allons continuer à nous restructurer avec la plus grande urgence", a indiqué GM.