Revue des aides accordées au secteur automobile

Guillaume Guichard

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Le gouvernement se penche à nouveau au chevet de l'industrie automobile à l'occasion des Etats Généraux du secteur, au ministère de Finances et de l'industrie. Il s'agit de trouver des solutions pour sortir le secteur de la crise. Il s'agira aussi, pour l'industrie automobile, d'exprimer ses doléances. Bien que l'Etat lui soit déjà venu en aide. Plusieurs mesures ont été prises, d'un coût global avoisinant les 700 millions d'euros pour l'Etat. Ce à quoi il faut ajouter un prêt d'un milliard d'euros pour les filiales financières de Renault et PSA. Et, le Premier ministre l'a annoncé, une enveloppe de 5 à 6 milliards d'euros supplémentaire financera le secteur en 2009.

Revue des aides déjà accordées:

Le bonus-malus, 200 millions d'euros en 2008. Lancé début 2008, ce système encourage l'achat de voitures peu polluantes et pénalise le choix de grosses cylindrées. Il a largement favorisé les constructeurs français, très présents dans le segment des petites voitures. Et a limité les effets de la crise sur le marché automobile français au deuxième semestre.

La prime à la casse, 200 million d'euros. Présentée par Nicolas Sarkozy dans le cadre du plan de relance de l'économie, le 4 décembre dernier, la prime à la casse (1.000 euros de reprise pour tout véhicule de plus de 10 ans à l'achat d'un véhicule neuf moins polluant) a ravi les constructeurs. Selon Carlos Ghosn, le président de Renault, ce dispositif devrait limiter la chute des ventes de 15 à 5% en France en 2009.

Plan d'aide au développement de la voiture verte, 400 millions d'euros sur quatre ans. Le Président de la République a annoncé cette mesure au Salon de l'Automobile, précisant que ces crédits sont débloqués dans le cadre du milliard d'euros alloué à la recherche lors du Grenelle de l'environnement.

Prêt d'un milliard d'euros aux filiales financières des constructeurs. Renault et PSA Peugeot Citroën détiennent leur propre établissement financier. Ils servent à proposer des prêts aux clients pour l'achat de leurs véhicules et à financer les stocks des concessionnaires de la marque. Avec la crise, elles se trouvent confrontées à deux problèmes: la baisse des demandes de prêts lié à la chute des ventes, le gonflement des stocks dû à la baisse des ventes et le coup d'arrêt du marché du refinancement. L'Etat a donc prêté en deux fois 500 millions d'euros aux filiales financières à taux préférentiel.

Fond de soutien à la sous-traitance, 300 millions d'euros. Il est alimenté par les constructeurs et l'Etat pour venir en aide au tissu des sous-traitants du secteur, en majorité des PME. La Caisse des dépôts et consignations (CDC), Renault et PSA y verseront chacun 100 millions d'euros.

Avec l'ampleur de la crise, Nicolas Sarkozy est revenu sur ses positions. Le 4 décembre dernier, lors de la présentation de son plan de relance, il affirmait qu'"il n'y aura pas d'aides supplémentaires pour les constructeurs automobiles". Le 15 janvier, il affirme que l'Etat "va mobilier beaucoup d'argent" pour le secteur automobile. François Fillon l'a annoncé ce mardi, 5 à 6 milliards vont être débloqués.