Les TPE pessimistes pour 2009

Thibaud Vadjoux

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Les petites entreprises (TPE) broient du noir pour 2009. En raison de leurs difficultés financières liées à la crise, 38% des patrons de TPE craignent de faire faillite en 2009. Les banquiers, nettement plus pessimistes, estiment que c'est une possibilité pour 75% de leurs clients.

Le baromètre des TPE et de leurs relations avec leurs banques, présenté jeudi 26 février et réalisé par l'Ifop pour la société de conseil aux TPE Fiducial, fait état de difficultés de trésorerie renforcées depuis le début de la crise pour les TPE soit 97% des entreprises françaises (2,5 millions). Pratiquement une petite entreprise sur trois (les TPE comptent entre 0 et 19 salariés) connaît actuellement des difficultés financières importantes.

Cette dégradation de leur situation financière s'accompagne d'une crispation des banques. Sur le début de l'année, 8% des lignes de crédit ou des prêts précédemment accordés par les banques ont été refusés au TPE, ou réduits. Plus largement, 22% des patrons subissent des durcissements des conditions d'accès au crédit (demande de garanties supplémentaires d'un organisme de cautionnement de type Oséo, garanties personnelles, taux plus élevés…) alors qu'ils n'étaient encore que 12% en octobre 2008. Les banquiers interrogés ont augmenté sensiblement leur niveau d'exigence et renforcé leurs critères d'analyse des dossiers, confirme le baromètre.

Résultats de ces difficultés bancaires et conjoncturelles: seulement 10% des chefs d'entreprises prévoient d'embaucher en 2009 contre 25% deux ans plus tôt. La moitié des décisions d'investissements sont également gelés, laisse entendre l'étude.

Les patrons de petites entreprises ne croient pas vraiment à l'impact massif du plan de relance du gouvernement même s'ils approuvent globalement les mesures. Moins d’un tiers (32%) des sondés attendent un impact positif sur leur entreprise. En particulier, le remboursement des charges patronales pour l'emploi d'une personne de 1 à 1,6 SMIC, soit 150 euros par mois, annoncé par Nicolas Sarkozy à Douai le 4 décembre lors de la présentation du plan de relance, ne convainc qu'un tiers de chefs d'entreprise pour embaucher.

Le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez a affirmé de son côté sur Europe 1 que l'exonération totale de charges pour toute embauche dans une entreprise de moins de dix salariés, effective depuis la mi-décembre, permettait "depuis 15 jours, 3.000 embauches par jour, dans des secteurs comme la coiffure ou la boulangerie".

Le travail du médiateur du crédit est soutenu par les TPE et les banquiers mais trois quarts des banquiers estiment que le médiateur a davantage une portée médiatique que réelle. Au final, les patrons de TPE attendent d'autres mesures avec une priorité pour l'emploi. Pour Christian Latouche, PDG de Fiducial qui a commandé l'étude, "les TPE attendent un second plan de relance qui les visent directement. Rien n'a été fait pour eux".

L'enquête a été réalisée par téléphone du 29 janvier au 12 février 2009 auprès d’un échantillon représentatif de 1.002 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés, et du 29 janvier au 6 février 2009 auprès d’un échantillon représentatif de 502 responsables d’établissement bancaire