L'Union européenne met la pression sur les banques

E24 avec Dow Jones

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Les valeurs bancaires françaises perdent du terrain lundi, après la publication d'articles de presse indiquant que la Commission européenne pourrait bloquer le plan de sauvetage élaboré par le gouvernement français pour le secteur.

Le gouvernement a annoncé fin octobre une injection de 10,5 milliards d'euros dans le capital des six plus grands établissements bancaires français, dans le but de relancer le crédit et de permettre à ces groupes de renforcer leur solvabilité. Selon des articles de presse, la Commission ne veut pas que les groupes bancaires utilisent l'aide du gouvernement pour augmenter leur activité de prêt.

A 12h27, BNP Paribas perdait 6,5% à 40,51 euros, Société Générale (13080.FR) cédait 1,8% à 32,77 euros et Crédit Agricole (4507.FR) abandonnait 4,2% à 8,35 euros.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré dimanche que la Commission examinait le plan de soutien français avec la plus grande diligence, mais avait "l'obligation" de s'assurer que les aides étaient accordées dans le respect de la réglementation européenne et du jeu de la concurrence.

"Tout ce qui remet en question les plans européens a une incidence sur la confiance des investisseurs envers les banques", même si ces inquiétudes restent mineures, note un opérateur parisien. Les craintes concernent plus particulièrement le plan de sauvetage français, mais pénalisent l'ensemble du secteur bancaire en Europe, ajoute-t-il.

Un porte-parole de la Commission a déclaré dimanche qu'il n'y avait pas de blocage du plan de soutien français pour les banques, et que les négociations se poursuivaient en la matière.

La commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes et la ministre française de l'Economie Christine Lagarde se sont entretenues vendredi, et se sont mises d'accord pour trouver une solution le plus rapidement possible, a indiqué le porte-parole.

La Fédération bancaire française n'a pas été en mesure de fournir un commentaire.

En outre, du côté de BNP Paribas, les inquiétudes persistent concernant le niveau de solvabilité du groupe. Credit Suisse indique lundi que BNP Paribas a rencontré des analystes à Londres pour leur expliquer que son faible niveau de solvabilité ne constituait pas une menace pour ses actionnaires.

La direction de BNP Paribas peine à envisager un scénario réaliste selon lequel la solvabilité se dégraderait en 2009 par rapport au taux de 6%-6,5% qui devrait être atteint au 1er janvier, observe Credit Suisse.

Credit Suisse indique comprendre le point de vue de BNP, mais souligne que le titre pourrait marquer une pause par rapport au secteur jusqu'à ce que le groupe finalise le rachat de Fortis et puisse montrer qu'il fait mieux que le marché pendant la deuxième phase de la crise.