Un pré-accord a été trouvé en Guadeloupe

E24 avec AFP

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Les négociations avancent pour sortir la Guadeloupe de la crise et mettre fin à la grève qui paralyse l'île depuis le 20 janvier.

Un préaccord a été trouvé ce dimanche matin 8 février entre le patronat et le LPK (Lyiannaj kont pwofitasyion), à l'origine de la grève générale. Cet accord prévoit une augmentation de 200 euros pour les salariés percevant jusqu'à 1,6 fois le Smic (45.000 salariés concernés, de source patronale) et de 3%, à négocier entreprise par entreprise ou dans les branches, pour ceux rémunérés au dessus de 1,6 fois le Smic.

La signature de cet accord demeure soumise au feu vert du Premier ministre pour son financement. En effet, le patronat évalue le coût de ces augmentations salariales à environ 108 millions d'euros. Pour y faire face, il est indispensable que l'Etat lui accorde des exonérations de charges. Une note en ce sens doit être transmise aux services du Premier ministre par le secrétaire d'Etat chargé de l'Outremer, Yves Jégo, détaché sur place depuis une semaine. Si le Premier ministre répond positivement à la demande du patronat sur les exonérations de charges demandées, patronat et LKP pourraient se retrouver à la préfecture en fin d'après-midi (dans la soirée, heure de Paris).

Autre avancée pour sortir de la crise: une première baisse, de 3 centimes, du prix de l'essence sans plomb et du gazole sera effective lundi 9 février, et une seconde est prévue jeudi 12, a affirmé le président du Conseil général de la Guadeloupe, le sénateur Jacques Gillot. Le prix du litre d'essence sans plomb passera de 1,16 euro à 1,13 euro, puis à 1,07 euro jeudi. Celui du gazole doit passer de 0,99 euro à 0,93 euro à compter de lundi, puis à 0,88 euro à partir de jeudi.

Les prix du carburant en Guadeloupe, uniformes dans toutes les stations-services, sont fixés par arrêté préfectoral. Jacques Gillot a précisé que cette baisse de prix serait effective "sans diminution" du niveau des taxes régionales (0,10 euro sur l'essence et 0,12 euro sur le gazole) actuellement perçues. Le LKP, qui est à l'origine de la grève générale affectant la Guadeloupe depuis le 20 janvier, revendiquait une baisse de 50 centimes du prix des carburants, en y incluant la baisse de prix intervenue en décembre.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, Yves Jégo dénonce "un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières". Il affirme que "le système de fixation du prix du carburant est complètement faussé", en posant "un vrai problème de transparence" et "même un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières". "Tout pourrait se terminer par une action judiciaire de l'Etat contre elles", avertit-il.