Trou d'air dans la construction

Delphine Halgand

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"Les chiffres de la construction neuve sont mauvais, renforçant la tendance observée en 2008 et les tendances de court terme s'inscrivent en net recul", explique de but en blanc la Fédération Française du Bâtiment (FFB). La crise financière a bloqué les achats immobiliers, ce qui s'est répercuté sur la construction.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. De décembre 2008 à février 2009 les mises en chantier de logements ont baissé de 19,5% par rapport à la même période des années précédentes. En février, cette chute s'est cependant stabilisée.

"A peine plus de 27.000 logements ordinaires sortent actuellement de terre par mois alors que la cadence de l'été 2007 (point haut du dernier cycle) était de 35.000 unités", affirme de son côté la dernière étude Xerfi sur le sujet. Le repli est particulièrement fort pour le logement collectif et les bâtiments administratifs. Pour Xerfi, les promoteurs ont déserté le marché du collectif.

L'objectif officiel de 500.000 habitations neuves par an pour répondre aux besoins des Français semble aujourd'hui une chimère. "Compte tenu du début d'année et de la tendance, rester au dessus des 300.000 mises en chantier serait déjà une performance", estime Xerfi qui compare cette prévision aux 368.609 constructions neuves de 2008 et aux 435.000 unités de 2007.

"Avec un carnet de commandes moyen et un très faible niveau de prises de commandes", la FFB prévoit de véritables difficultés pour les entreprises du secteur. Un "trou d'air" se produira entre le deuxième trimestre 2009 et le début du premier semestre 2010.

20.000 emplois devraient disparaître (intérim compris) à 3.000 près, soit la même ampleur que pendant la crise des années 90. L'emploi dans le bâtiment avait chuté de près de 20% entre 1990 et 1997, rappelle la FFB.

Mais des rayons de soleil rassurent les professionnels. Grâce au doublement du prêt à taux zéro dans le neuf, au dispositif d'investissement locatif Scellier et à l'ouverture du PASS Foncier au collectif avec TVA à 5,5%, les notaires misent sur une stabilisation des volumes de vente dans le neuf dans de nombreuses régions en 2009. Pour mémoire, les ventes dans le neuf ont chuté de 37,6% en 2008 d'où la morosité actuelle des promoteurs.

Les notaires ne croient cependant pas en une baisse importante des prix dans le neuf car, si le foncier et les matériaux deviennent moins chers, les nouvelles normes environnementales renchérissent le cout de la construction.