L'Opep prépare une "surprise" pour soutenir le baril

E24 avec AFP

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Le prix du baril est décidemment trop bas au goût de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Pour y remédier, elle va annoncer une nouvelle réduction de sa production mercredi 17 décembre à Oran en Algérie. Cette diminution devrait être forte pour contrer la tendance à la baisse d'un baril déprimé par la chute de l'activité économique mondiale. "La réunion d'Oran doit (décider) d'une coupe plus sévère pour établir l'équilibre entre l'offre et la demande", a ainsi expliqué cette semaine Chakib Khelil, le président de l'Opep, qui fournit 40% du brut mondial.

Face à une demande en recul pour la première fois depuis 25 ans, le cartel n'a pas vraiment d'autre choix que de réduire la production. Le baril de brut a perdu plus de 70% de sa valeur depuis les sommets de l'été. Il valait alors près de 150 dollars. Vendredi 12 décembre, il cotait 46 dollars.

Consensus

Ces niveaux de prix ne permettent plus aux producteurs d'équilibrer leurs finances et de couvrir leurs coûts de production. Preuve que même le royaume wahhabite ne se satisfait plus des prix actuels, le roi Abdallah d'Arabie saoudite a fait savoir qu'un baril à 75 dollars était "équitable".

Dès l'issue d'une réunion consultative du cartel au Caire, fin novembre, son secrétaire général Abdallah el-Badri avait indiqué qu'il existait "un consensus général" en faveur d'une baisse à Oran, la troisième depuis septembre. Reste à savoir de combien. L'Iran, deuxième producteur de l'organisation, a dévoilé dimanche 14 décembre ses intentions: une baisse de 1,5 à 2 millions de barils par jour de la production de l'Opep.

"Les délégués de l'Opep (...) parlent de 1,5 à 2 millions de barils par jour (de réduction), mais comme Chakib Khelil a dit se préparer à une surprise, nous nous attendons plutôt à un geste dans le haut de la fourchette", abonde David Kirsch, du cabinet PFC Energy. Surtout que la Russie, invitée à la réunion, a laissé entendre qu'elle pourrait s'associer aux efforts de l'Organisation pour réduire la production.

Les Saoudiens, en revanche, pourraient faire valoir qu'une réduction trop importante serait un sacrifice inutile de la part des pays exportateurs. D'autres estiment, comme les analystes de la Société Générale, que l'annonce d'une baisse de 2 mb/j ou plus n'aurait de toute façon pas d'impact sur un marché "qui n'écoute pas".

Jouer le jeu

La décision est une chose, son application en est une autre. Les Saoudiens pourraient arguer, comme au Caire, qu'il est vain d'aller trop loin si les 12 membres de l'Organisation ne jouent pas le jeu et produisent plus que leurs quotas. De fait, les deux réductions des derniers mois (520.000 barils en septembre et 1,5 mb/j en octobre) ont été inégalement appliquées.